La pompe à chaleur avec panneau solaire pour un duo gagnant
Coupler une pompe à chaleur avec des panneaux solaires photovoltaïques, l’idée séduit tous les propriétaires qui veulent devenir énergétiquement autonomes ou presque. Les vendeurs vous parleront de « duo gagnant » et d’autoconsommation à 70 ou 80 %. La réalité est plus nuancée, et surtout, elle a été profondément changée par la réforme S21 du 5 juin 2026 qui a supprimé la prime à l’autoconsommation et effondré le tarif de rachat du surplus à 1,1 c€/kWh. Le calcul économique de 2024 n’est plus celui de 2026, et le vrai enjeu du couplage tient à un paramètre que peu d’articles chiffrent : le décalage saisonnier entre la production solaire (concentrée d’avril à septembre) et la consommation de la PAC (concentrée de novembre à mars).
Ce guide traite précisément cette question. Il donne les consommations et productions réelles mesurées par l’ADEME et ENEDIS, les trois régimes d’autoconsommation possibles (sans pilotage, avec SG Ready, avec batterie), les coûts d’installation combinée en 2026 et le retour sur investissement effectif après la réforme S21. Objectif : vous donner de quoi arbitrer entre une PAC seule, un couple PAC + PV sans pilotage, un couple avec pilotage intelligent, ou une configuration complète avec batterie.
Pompe à chaleur et panneaux solaires, est-ce que ça marche vraiment ensemble ?
Sur le papier, l’association est logique. Une PAC air-eau consomme entre 3 000 et 5 000 kWh d’électricité par an pour le chauffage d’un logement de 100 à 150 m² (source ADEME, mesures sur parc installé). Une installation photovoltaïque de 3 à 5 kWc (15 à 25 m² de panneaux) produit 2 700 à 6 500 kWh par an selon la zone climatique. Les deux volumes se croisent : le PV peut, en théorie, alimenter la PAC.
Dans la vraie vie, le problème est le calendrier. La PAC consomme 70 à 80 % de son électricité annuelle entre novembre et mars, avec une pointe à 700 à 1 000 kWh en décembre et janvier. Le PV produit exactement l’inverse : 65 à 75 % de sa production annuelle tombe entre avril et septembre, avec un plancher hivernal à 30-50 kWh par kWc par mois en décembre et janvier, contre 150-200 kWh par kWc en juin. Le solaire pousse quand la PAC dort. La PAC tire quand le solaire dort.
Résultat pratique : sans pilotage intelligent ni batterie, le taux d’autoconsommation réel de la PAC par le PV plafonne à 15 à 25 %. Un plancher, pas un plafond théorique. Ce chiffre, mesuré par ENEDIS sur le parc autoconsommation français, contredit frontalement les promesses commerciales de 70 ou 80 % que vous verrez circuler sur les devis des vendeurs pressés. Les vendeurs qui affichent ces taux mélangent souvent la production solaire annuelle globale et l’autoconsommation strictement utilisée par la PAC, ou raisonnent en été uniquement.
Combien de panneaux faut-il pour couvrir une pompe à chaleur ?
Question directe. Réponse chiffrée, mais conditionnée. Prenons un cas type : maison de 120 m² en zone climatique H2, PAC air-eau 8-10 kW consommant 4 000 kWh par an chauffage + eau chaude sanitaire, plus 3 000 kWh d’usages courants (électroménager, éclairage, veilles), soit 7 000 kWh par an totaux.
Les chiffres bruts par région
Une installation photovoltaïque produit entre 900 et 1 300 kWh par kWc et par an selon la zone : 900 dans le Nord, 1 100 en Île-de-France et Bretagne, 1 200 à 1 300 dans le Sud-Est, le Sud-Ouest et la vallée du Rhône. Pour couvrir 60 à 80 % des 7 000 kWh annuels du foyer (jamais 100 %, on va y revenir), il faut viser 3 à 5 kWc, soit 6 à 12 panneaux de 400 à 500 Wc chacun, occupant 15 à 25 m² de toiture orientée sud (ou sud-est/sud-ouest avec dégradation de 10 à 15 %).
Pour un foyer plus petit, 80 m² avec PAC 6 kW consommant 2 500 kWh de chauffage, 2 à 3 kWc suffisent. Pour une grande maison RE2010 mal isolée avec PAC 12 kW consommant 6 000 kWh, monter à 5 à 6 kWc devient pertinent, mais l’excès de production estivale sera de plus en plus difficile à valoriser.
| Profil logement | Conso PAC/an | PV recommandé | Surface toiture | Production PV/an |
|---|---|---|---|---|
| Appartement 60 m² avec PAC air-air | 800 à 1 500 kWh | 2 à 3 kWc | 10 à 15 m² | 1 800 à 3 900 kWh |
| Maison 100 m² isolée avec PAC air-eau | 2 500 à 3 500 kWh | 3 kWc | 15 m² | 2 700 à 3 900 kWh |
| Maison 120 m² RE2020 avec PAC air-eau | 3 000 à 4 500 kWh | 3 à 4 kWc | 15 à 20 m² | 2 700 à 5 200 kWh |
| Maison 150 m² rénovée avec PAC air-eau | 4 500 à 6 000 kWh | 4 à 5 kWc | 20 à 25 m² | 3 600 à 6 500 kWh |
| Maison 200 m² avec PAC + piscine | 6 000 à 9 000 kWh | 5 à 6 kWc | 25 à 30 m² | 4 500 à 7 500 kWh |
| Maison ancienne mal isolée avec PAC 12 kW | 6 000 à 8 000 kWh | 6 kWc + isolation | 30 m² | 5 400 à 7 500 kWh |
Pourquoi ne jamais viser 100 % de couverture
La tentation de sur-dimensionner le PV pour « couvrir toute la PAC » se heurte à un obstacle économique majeur depuis la réforme S21 du 5 juin 2026. Le surplus d’électricité injecté sur le réseau se rachète désormais à 1,1 c€/kWh, contre 4 à 10 c€/kWh auparavant, et la prime à l’autoconsommation qui versait jusqu’à 240 euros pour 3 kWc a été supprimée pour toute nouvelle demande à partir du 4 juin 2026. Chaque kWh non consommé sur place vaut donc 25 fois moins qu’un kWh évité sur la facture d’électricité (à 26 c€/kWh au tarif bleu réglementé). Le sur-dimensionnement ne rapporte plus rien, il coûte simplement plus cher à l’installation.
Le pilotage intelligent change tout
Le vrai levier pour rentabiliser le couple PAC + PV en 2026, c’est le pilotage. Sans lui, l’électricité produite par le PV en journée s’injecte sur le réseau au tarif dégradé, pendant que la PAC démarre le matin et le soir sur l’électricité du réseau au tarif plein. Le comble. Avec lui, la PAC démarre préférentiellement quand le PV produit, et le taux d’autoconsommation passe de 15-25 % à 30-45 %. Sur un couple PAC + PV 3 kWc, cela représente 200 à 300 euros d’économies annuelles supplémentaires. Sans coût récurrent.
Le standard SG Ready, gratuit sur les PAC récentes
Le label SG Ready (Smart Grid Ready) est une certification allemande adoptée en France depuis 2015. Il garantit qu’une PAC peut être pilotée par un signal électrique externe simple (contact sec 230 VAC). Quatre niveaux définis : niveau 1 blocage forcé, niveau 2 fonctionnement normal, niveau 3 recommandation démarrage (surplus PV), niveau 4 démarrage forcé avec montée en température du ballon tampon. En logement individuel, seuls les niveaux 2 et 3 sont utilisés en pratique.
La bonne nouvelle : toutes les grandes marques (Vaillant, Atlantic, Daikin, Bosch, Weishaupt, Panasonic, Mitsubishi Electric, De Dietrich, LG) proposent le SG Ready en série sur leurs modèles récents, sans surcoût. Il reste à activer l’interface lors de la pose. Un module de commande simple pour piloter le contact SG Ready depuis l’onduleur photovoltaïque coûte 150 à 500 euros. Un système EMS (Energy Management System) complet avec supervision, mesures en temps réel et optimisation multi-usages (PAC + ballon d’eau chaude + voiture électrique + électroménager pilotable) monte à 1 500 à 2 500 euros.
Le ballon tampon comme batterie thermique
Alternative astucieuse à la batterie électrique : utiliser un ballon tampon de 100 à 200 litres en aval de la PAC comme stockage thermique. Quand le PV produit du surplus, le pilotage SG Ready déclenche la PAC en mode « recommandation » (niveau 3), la PAC charge le ballon tampon à haute température (55 à 60 °C au lieu des 40-45 °C habituels), et cette énergie thermique se restitue plus tard dans la journée quand le PV ne produit plus. Coût du ballon tampon 100-200 L installé : 1 500 à 3 000 euros. Taux d’autoconsommation obtenu : 40 à 60 %, souvent le meilleur rapport qualité prix pour un couple PAC + PV.
La batterie ne se justifie pas toujours économiquement
L’ajout d’une batterie lithium-ion 5 à 10 kWh stocke le surplus PV de la journée pour le restituer le soir et la nuit, quand la PAC démarre. Le taux d’autoconsommation grimpe alors à 55 à 70 %. L’économie annuelle passe à 800 à 1 000 euros. Mais le surcoût (5 000 à 9 000 euros) allonge le retour sur investissement. Décision qui divise les installateurs sérieux, et pour de bonnes raisons.
Ajouter une batterie sur un couple PAC + PV en 2026, avantages et inconvénients
Les avantages
- Taux d’autoconsommation doublé, de 25 % à 65 % en moyenne
- Autonomie partielle en cas de coupure réseau (avec onduleur hybride adapté)
- Économie annuelle de 800 à 1 000 euros sur la facture d’électricité
- Valorisation du surplus PV même en été quand le tarif de rachat s’effondre
- Confort d’un pilotage automatisé sans intervention manuelle
Les points de vigilance
- Surcoût de 5 000 à 9 000 euros pour une batterie 5 à 10 kWh
- Durée de vie 10 à 15 ans avec dégradation progressive (perte 20 à 30 % de capacité à 10 ans)
- Empreinte environnementale du lithium (extraction, transport, recyclage encore limité)
- ROI global de la batterie seule autour de 12 à 18 ans, à comparer à sa durée de vie
- Aucune aide publique dédiée en France en 2026 (pas de MaPrimeRénov’ sur batterie)
Verdict pragmatique : dans un couple PAC + PV en 2026, la batterie est rarement rentable strictement sur son seul retour financier, sauf en zone très ensoleillée (Sud-Est, Sud-Ouest) avec une consommation importante et un tarif d’électricité qui continue de grimper. Elle se justifie mieux comme choix de confort et de résilience (autonomie en cas de coupure réseau, moindre dépendance au réseau national) que comme investissement pur. Alternative souvent supérieure économiquement : le pilotage SG Ready avec ballon tampon, qui apporte 60 à 80 % des bénéfices d’une batterie pour 20 à 30 % de son coût.
Ce que la réforme S21 de juin 2026 a vraiment changé
Un rapide historique s’impose parce que la moitié des articles en ligne sur le sujet datent d’avant cette réforme et calculent des rentabilités qui n’existent plus. L’arrêté du 26 mars 2025 modifiant l’arrêté tarifaire du 6 octobre 2021 (dit S21) est entré en application le 5 juin 2026. Deux mesures majeures.
Première mesure : la prime à l’autoconsommation, qui versait entre 80 et 380 euros par kWc installé (étalés sur 5 ans) pour toute installation neuve, est supprimée pour toute demande de contrat déposée à partir du 4 juin 2026. Pour une installation de 3 kWc, cela représente une perte sèche de 240 euros versés sur 5 ans, environ 3 % du prix TTC. Impact modéré pris isolément.
Seconde mesure : le tarif de rachat du surplus injecté sur le réseau passe à 1,1 c€/kWh (11 €/MWh), contre 4 à 10 c€/kWh auparavant selon la puissance. Sur une installation de 3 kWc qui exporte 2 000 kWh de surplus par an, la recette annuelle chute de 80 à 200 euros avant réforme à 22 euros après. Impact major, cette fois, qui transforme la logique du sur-dimensionnement.
Le résultat cumulé : en 2026, une installation photovoltaïque ne se rentabilise plus que sur les économies d’autoconsommation. Rien d’autre. Un kWh consommé sur place vaut désormais 25 fois plus qu’un kWh injecté (26 c€/kWh évités sur facture contre 1,1 c€/kWh revendus au réseau depuis juin dernier). Toute la stratégie de dimensionnement doit s’aligner sur ce ratio : le seul objectif utile est de maximiser le taux d’autoconsommation réel, pas de produire beaucoup. La logique change tout, y compris pour ceux qui avaient calculé leur projet en 2024.
Combien coûte le combiné en 2026 et quelles aides restent disponibles ?
Le budget d’une installation combinée PAC + PV se décompose en trois lignes distinctes qu’il faut regarder séparément. La PAC air-eau seule 8 à 10 kW installée coûte 12 000 à 15 000 euros TTC pose comprise. Les panneaux photovoltaïques 3 kWc (6 à 8 panneaux) coûtent 6 000 à 9 000 euros TTC posés, ceux de 6 kWc 10 867 euros TTC en moyenne selon les baromètres 2026 (Potentielsolaire.com). Le pilotage SG Ready simple ajoute 150 à 500 euros, le ballon tampon 100-200 litres 1 500 à 3 000 euros, une batterie 5-10 kWh 5 000 à 9 000 euros.
Le total d’une installation combinée type PAC + PV 3 kWc + ballon tampon + pilotage SG Ready atteint 20 000 à 22 000 euros TTC installé. Ajout d’une batterie 5 kWh : 26 000 à 28 000 euros. Configuration haut de gamme PAC + PV 6 kWc + batterie 10 kWh + EMS complet : 30 000 à 35 000 euros TTC. Beaucoup d’argent. Ces montants sont à mettre en regard des aides disponibles, qui ne concernent que la partie PAC.
Trois précisions importantes sur la fiscalité et les aides. La pompe à chaleur air-eau bénéficie de MaPrimeRénov’ Parcours par geste 2026 : de 400 à 5 000 euros selon le revenu fiscal, cumulable avec la prime CEE Coup de pouce chauffage, plafond de dépense éligible 12 000 euros. TVA à 5,5 % sur la fourniture et la pose. Les panneaux photovoltaïques, en revanche, ne sont pas éligibles à MaPrimeRénov’ depuis 2020. Aucune prime CEE. La TVA à 10 % s’applique uniquement en dessous de 3 kWc (article 278-0 bis du CGI), au-dessus TVA à 20 %. L’éco-PTZ reste possible sur l’ensemble PAC + PV jusqu’à 25 000 euros à taux zéro (jusqu’à 50 000 euros en bouquet de travaux avec isolation), à emprunter en banque conventionnée.
Notre article sur la déclaration d’une pompe à chaleur aux impôts détaille par ailleurs l’exonération temporaire de taxe foncière (article 1383-0 B du CGI) qui peut représenter 800 à 3 600 euros économisés sur trois ans quand la commune délibère, et qui s’applique aussi à un couple PAC + PV.
Faut-il installer PAC et panneaux solaires en même temps ou séparément ?
Question qui divise les propriétaires en train d’arbitrer un projet de rénovation. Trois cas de figure principaux, chacun avec sa logique propre.
Le cas favorable, tout en même temps
Vous rénovez une maison ancienne, remplacez une vieille chaudière fioul ou électrique, et refaites la toiture ou une partie de la couverture. Faire l’installation combinée PAC + PV en un seul chantier est cohérent économiquement : un seul installateur RGE QualiPAC + QualiPV, un seul échafaudage, une seule attente administrative, une seule mise en service. Économie sur la main-d’œuvre estimée à 1 000 à 2 500 euros par rapport aux deux chantiers séparés. Le dimensionnement de la PAC et du PV se pense d’emblée en cohérence, avec pilotage SG Ready dès la pose.
Le cas séquentiel, la PAC d’abord
Vous avez encore une chaudière gaz ou une vieille PAC en fin de vie qu’il faut remplacer en urgence, et pas encore les moyens ou l’envie d’attaquer le solaire. La logique est de poser la PAC d’abord, en s’assurant qu’elle est SG Ready et que l’installateur documente les points d’accroche pour un futur pilotage PV. Vous prenez MaPrimeRénov’ et la prime CEE sur la PAC, économisez immédiatement sur la facture de chauffage, et vous vous laissez 2 à 5 ans pour observer votre consommation réelle avant de dimensionner le PV au plus juste.
Le cas déconseillé, le PV d’abord sans PAC
Installer d’abord des panneaux solaires sans avoir traité le chauffage, notamment sur un logement encore en énergie fossile (fioul, gaz), donne des rendements médiocres. L’électricité produite par le PV alimente essentiellement l’électroménager et l’éclairage, dont la consommation est faible (2 000 à 3 000 kWh/an) et déjà en partie couverte l’été par la production PV. Sans PAC pour absorber les 3 000 à 5 000 kWh de chauffage annuel, le taux d’autoconsommation plafonne à 20 à 30 %, quel que soit le pilotage, faute de charges suffisantes en journée. Reporter le PV après la pose de la PAC est presque toujours plus rentable, contre-intuitif mais mesuré.
Sur le volet consommation électrique d’une pompe à chaleur, le couplage avec PV ne change pas le COP intrinsèque de la PAC, il change le prix moyen du kWh qui l’alimente. Une PAC dont le COP réel plafonne à 2,2 par grand froid ne devient pas magiquement performante parce qu’elle est branchée sur du solaire ; elle reste énergivore, simplement une partie de son énergie est autoproduite.
Pour distinguer clairement ce sujet du couplage avec le solaire thermique, notre article dédié sur le système solaire combiné couplé à une pompe à chaleur traite la configuration où des capteurs solaires thermiques produisent directement de la chaleur pour l’ECS et le chauffage, en complément de la PAC. Le « SSC + PAC » relève d’une autre logique technique et d’un autre budget que le « PV + PAC » traité ici.
Questions fréquentes sur le couplage pompe à chaleur et panneaux solaires
Est-ce vraiment rentable de coupler une pompe à chaleur avec des panneaux solaires en 2026 ?
Cela dépend fortement du dispositif de pilotage. Sans SG Ready ni batterie, le taux d’autoconsommation solaire de la PAC plafonne à 15 à 25 % à cause du décalage saisonnier (PAC consomme en hiver quand le PV produit peu), et le retour sur investissement se situe entre 25 et 30 ans, dépassant la durée de vie des équipements. Avec pilotage SG Ready et ballon tampon (surcoût 2 000 à 3 500 euros), le taux monte à 40 à 60 % et le ROI descend à 18-22 ans. Avec batterie (surcoût 5 000 à 9 000 euros), taux à 55 à 70 % et ROI 18-22 ans, mais la batterie a une durée de vie limitée à 10-15 ans. La réforme S21 du 5 juin 2026 (prime autoconsommation supprimée, tarif rachat surplus à 1,1 c€/kWh) a fortement dégradé la rentabilité par rapport à 2024.
Combien de panneaux photovoltaïques faut-il pour alimenter une pompe à chaleur ?
Pour couvrir 60 à 80 % (et non 100 %) de la consommation électrique totale d’un foyer type 4 personnes avec PAC air-eau (7 000 kWh/an), il faut viser 3 à 5 kWc, soit 6 à 12 panneaux de 400 à 500 Wc chacun, occupant 15 à 25 m² de toiture orientée sud. En zone Nord, la production est de 900 kWh/kWc/an. En zone Sud, elle atteint 1 200 à 1 300 kWh/kWc/an. Viser 100 % de couverture n’est plus rentable en 2026 car le surplus non consommé est revendu à seulement 1,1 c€/kWh (25 fois moins qu’un kWh évité sur facture au tarif bleu à 26 c€/kWh).
Qu’est-ce que le label SG Ready et pourquoi est-il indispensable pour ce type d’installation ?
SG Ready (Smart Grid Ready) est une certification allemande adoptée en France qui garantit qu’une pompe à chaleur peut être pilotée par un signal électrique externe (contact sec 230 VAC) pour la démarrer préférentiellement quand les panneaux photovoltaïques produisent du surplus. Quatre niveaux définis (blocage forcé, normal, recommandation démarrage, démarrage forcé). Sans SG Ready, la PAC tourne selon son propre thermostat sans tenir compte de la production PV, et le taux d’autoconsommation reste bas. Toutes les grandes marques 2026 (Vaillant, Atlantic, Daikin, Bosch, Weishaupt, Panasonic, Mitsubishi Electric, De Dietrich, LG) proposent le SG Ready en série sans surcoût. Un module de commande pour activer le pilotage depuis l’onduleur photovoltaïque coûte 150 à 500 euros installé.
Faut-il ajouter une batterie à un couple PAC + panneaux solaires ?
Rarement rentable strictement en 2026. Une batterie 5 à 10 kWh coûte 5 000 à 9 000 euros, dure 10 à 15 ans avec une perte de 20 à 30 % de capacité à 10 ans, et n’ouvre droit à aucune aide publique. Elle porte le taux d’autoconsommation à 55-70 % (contre 40-60 % avec un simple ballon tampon piloté), soit un gain marginal souvent inférieur au surcoût. La batterie se justifie mieux comme choix de confort et de résilience (autonomie partielle en cas de coupure réseau) que comme investissement pur. Alternative souvent supérieure : ballon tampon 100-200 L piloté par SG Ready (surcoût 1 500 à 3 000 euros), qui apporte 60 à 80 % des bénéfices d’une batterie pour 20 à 30 % de son coût.
La prime à l’autoconsommation existe-t-elle encore en 2026 ?
Non. La prime à l’autoconsommation photovoltaïque a été supprimée le 5 juin 2026 pour toute nouvelle demande de contrat déposée à partir du 4 juin 2026 (arrêté du 26 mars 2025 modifiant l’arrêté S21 du 6 octobre 2021). Elle versait auparavant 80 à 380 euros par kWc installé (étalés sur 5 ans), soit environ 240 euros pour une installation de 3 kWc. Le tarif de rachat du surplus injecté sur le réseau est parallèlement passé à 1,1 c€/kWh, contre 4 à 10 c€/kWh avant la réforme. Ces deux mesures cumulées imposent de dimensionner désormais le PV sur l’autoconsommation réelle du foyer, pas sur la revente au réseau qui n’a plus aucun intérêt économique.
Quelles aides restent disponibles pour un couple PAC + panneaux solaires en 2026 ?
Les aides ne concernent que la partie PAC du projet. MaPrimeRénov’ Parcours par geste 2026 : de 400 à 5 000 euros pour une PAC air-eau selon le revenu fiscal de référence (jusqu’à 11 000 euros pour une géothermie chez les ménages très modestes). Prime CEE Coup de pouce chauffage cumulable avec MaPrimeRénov’, plafond global 12 000 euros de dépense éligible. TVA à 5,5 % sur pose et fourniture de la PAC (article 278-0 bis A du CGI). Pour le PV : aucune MaPrimeRénov’ (jamais éligible), aucune prime CEE, TVA à 10 % en dessous de 3 kWc et 20 % au-dessus. Éco-PTZ jusqu’à 25 000 euros à taux zéro sur l’ensemble PAC + PV (jusqu’à 50 000 euros en bouquet avec isolation). Exonération temporaire de taxe foncière (article 1383-0 B du CGI) applicable si la commune délibère.
Peut-on installer les panneaux solaires avant la pompe à chaleur ?
Techniquement oui, économiquement rarement pertinent. Sans PAC pour absorber les 3 000 à 5 000 kWh de chauffage annuel, le taux d’autoconsommation du PV plafonne à 20 à 30 %, faute de charges suffisantes en journée. L’électricité produite s’écoule vers les usages courants (2 000 à 3 000 kWh/an) et surtout vers le réseau en surplus, revendu à 1,1 c€/kWh depuis juin 2026. Reporter la pose du PV après celle de la PAC est presque toujours plus rentable, contre-intuitif mais mesuré. Ordre recommandé pour un projet complet : d’abord isolation (le poste le plus rentable), ensuite PAC (bilan thermique + choix technologie + pose SG Ready), enfin PV dimensionné sur la consommation réelle mesurée après un ou deux hivers avec la PAC.
Quelle est la différence entre PAC + panneaux photovoltaïques et système solaire combiné (SSC) ?
Deux configurations techniquement distinctes. Le couple PAC + PV traité ici associe une pompe à chaleur classique et des panneaux photovoltaïques qui produisent de l’électricité pour alimenter la PAC (et le reste du logement). Le système solaire combiné (SSC) traité dans notre article dédié associe une PAC et des capteurs solaires thermiques (différents des photovoltaïques) qui produisent directement de la chaleur pour l’eau chaude sanitaire et le chauffage, en complément de la PAC. Budget SSC + PAC : 22 000 à 30 000 euros TTC. Budget PAC + PV avec pilotage : 20 000 à 28 000 euros TTC. Aides différentes (le SSC est éligible à MaPrimeRénov’ contrairement au PV). Rentabilités différentes. Le choix dépend de la surface de toiture disponible, de l’exposition et du profil de consommation ECS du foyer.