Installer une pompe à chaleur : le guide complet

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Un projet d’installation de pompe à chaleur ne se joue ni sur la marque de la machine, ni sur le prix du devis. Il se joue sur une chaîne d’arbitrages, faits dans le bon ordre, entre le diagnostic du logement, la technologie retenue, le dimensionnement de la machine et le choix de l’installateur. Chaque maillon en amont conditionne la performance en aval. Un logement mal isolé annule le gain d’une PAC premium. Une PAC surdimensionnée par un installateur pressé consomme 20 % de plus en usage réel. Un devis signé sans bilan thermique se paie sur vingt ans de facture. Ce guide reprend ces arbitrages un par un, dans l’ordre où ils se posent, pour que vous engagiez les 10 000 à 18 000 euros du chantier en sachant exactement ce qui décide de sa réussite.

Avant tout, les cinq questions qui décident du succès du projet

Avant de comparer des devis, avant même de contacter un installateur, cinq questions posent le cadre du projet. Elles se répondent à froid, sans pression commerciale, parce qu’elles décident du reste.

Votre logement est-il prêt à accueillir une PAC ?

Une pompe à chaleur n’est pas un chauffage électrique : elle a besoin d’un logement qui la met dans de bonnes conditions pour rendre le rendement promis. Trois éléments comptent : l’isolation (particulièrement des combles), la nature et l’état des émetteurs existants (radiateurs basse ou haute température, plancher chauffant), et la présence d’un circuit hydraulique en bon état pour une PAC air-eau. Une maison classée F ou G au DPE (passoire thermique) doit obligatoirement passer par des travaux d’isolation avant, sinon la PAC compensera par la puissance et le SCOP réel s’effondrera.

Quelle technologie pour votre situation ?

Il n’existe pas de « meilleure » PAC dans l’absolu. Il existe une PAC adaptée à votre configuration. Une maison avec chauffage central existant et de bons radiateurs oriente vers la PAC air-eau. Une maison sans chauffage central, avec du grillage électrique, oriente vers la PAC air-air. Un terrain suffisant et une isolation soignée permettent d’envisager la géothermie. Une chaudière gaz récente en bon état peut être conservée dans un système hybride. Le choix se fait en croisant votre situation, pas en écoutant la promesse commerciale du moment.

Où placer l’unité extérieure ?

L’unité extérieure d’une PAC aérothermique génère du bruit (typiquement 45 à 55 dB(A) à un mètre) et occupe environ 1 m² au sol. Trois contraintes cadrent son emplacement : la distance à la limite de propriété (souvent 3 mètres minimum en pratique pour éviter les conflits de voisinage), la circulation d’air autour de la machine (dégagement de 1 mètre minimum devant les grilles d’aspiration et de soufflage), l’accès pour la maintenance. En copropriété, la façade ou le balcon sont soumis à autorisation d’assemblée générale. Cette question se règle en visite technique, jamais sur plan.

Qui va faire les travaux ?

La pose d’une pompe à chaleur ouvre droit à MaPrimeRénov’, à la prime CEE Coup de pouce Chauffage et à l’éco-PTZ. Ces trois dispositifs ont une condition commune : l’installateur doit être certifié RGE QualiPAC. Un installateur non RGE peut poser une machine, mais il vous ferme la porte de 5 000 à 9 000 euros d’aides. La qualification se vérifie en trente secondes sur france-renov.gouv.fr, en tapant le nom ou le numéro SIRET de l’entreprise. Un installateur qui refuse de communiquer ces informations est à écarter d’emblée.

Comment financer le projet ?

Le devis brut d’une PAC air-eau posée se situe entre 10 000 et 18 000 euros selon la technologie et la complexité du chantier. Le reste à charge, après aides, peut descendre à 3 000 euros pour un ménage très modeste. Trois familles d’aides s’articulent : MaPrimeRénov’ selon le revenu fiscal de référence, la prime CEE pour la sortie d’un chauffage fossile, et l’éco-PTZ jusqu’à 15 000 euros pour lisser le solde. Le calcul complet est développé dans le coût réel d’une pompe à chaleur posée, avec les fourchettes par revenu et par technologie.

Les prérequis d’un logement compatible avec une pompe à chaleur

Avant même de choisir un modèle, le logement doit remplir quatre conditions techniques qui décident du SCOP réel obtenu.

L’isolation, condition première

Une PAC extrait de la chaleur d’une source froide et la restitue à l’intérieur. Plus la maison perd de la chaleur, plus la machine doit travailler pour compenser. Sur une passoire thermique, aucune PAC ne compensera : la puissance à installer devient énorme, le SCOP réel s’effondre, la facture ne baisse pas comme espéré. L’ordre logique d’un chantier en rénovation est isolation d’abord, PAC ensuite. L’isolation des combles perdus, à 2 000-4 000 euros pour 100 m², est le geste avec le meilleur retour sur investissement, souvent amorti en 3 à 5 ans par les seules économies de chauffage.

Les émetteurs et le régime de température

Le rendement d’une PAC dépend fortement de la température de l’eau qu’elle doit produire pour alimenter vos émetteurs. Un plancher chauffant à 30 °C laisse la machine tourner à un COP de 4,5 à 5. Des radiateurs basse température récents (posés dans les vingt dernières années) demandent 40 à 45 °C et gardent un COP autour de 4. Des radiateurs anciens en fonte, dimensionnés à 60-65 °C, tombent la machine à un COP de 3 ou en dessous. Le diagnostic des émetteurs se fait avec une caméra thermique lors d’une journée froide. Sans ce contrôle, le régime de température retenu par l’installateur est une hypothèse, pas une certitude.

Le circuit hydraulique existant

Une PAC air-eau se raccorde presque toujours sur le circuit hydraulique d’une chaudière existante. Encore faut-il qu’il soit en bon état. Un circuit vieilli, embouè, avec des radiateurs qui gargouillent, doit être désembouè avant la pose (comptez 400 à 700 euros pour cette opération). Un circuit fuyard ne peut pas garder la pression et fait tourner la PAC en dysfonctionnement permanent. La visite technique de l’installateur inclut normalement ce contrôle. S’il n’y a pas, la mauvaise surprise arrive dans les six mois suivant la pose.

L’espace extérieur pour l’unité

Comptez un mètre carré au sol pour l’unité extérieure d’une PAC air-eau, un mètre de dégagement devant et sur les côtés, et un accès dégagé pour la maintenance. Un local technique fermé ne convient pas : l’air doit circuler librement. Les toitures ne conviennent en général pas non plus : le poids de la machine (60 à 100 kg) et les vibrations imposent une structure porteuse rare sur les toits anciens. En géothermie, la question change de nature : c’est le terrain, en surface pour un captage horizontal (200 à 300 m² pour une maison de 120 m²) ou en profondeur pour un captage vertical (forage à 80-150 m).

Choisir la technologie de PAC adaptée à votre cas

Les quatre grandes familles de PAC ne se choisissent pas au feeling. Chacune correspond à une configuration précise de logement, et se disqualifie sur d’autres. Voici les critères d’orientation.

PAC air-eau : le standard en rénovation avec chauffage central

Elle capte les calories de l’air extérieur et les restitue au circuit d’eau chaude du logement. Elle est la technologie de référence pour remplacer une chaudière au gaz, au fioul, ou au bois d’ancienne génération. Elle produit à la fois le chauffage et l’eau chaude sanitaire. Prix posé : 10 000 à 18 000 euros selon la puissance et le modèle. Elle demande un circuit hydraulique existant et des émetteurs adaptés au régime de température retenu. Détails complets sur le fonctionnement et le prix d’une PAC air-eau.

PAC géothermique : sur maison bien isolée et terrain adapté

Elle puise la chaleur dans le sol via un captage horizontal (serpentin enterré à 60-120 cm sur grande surface) ou vertical (forage à 80-150 m). Son SCOP réel dépasse structurellement celui des aérothermiques (4,5 à 5,5) parce que la source est stable à 10-14 °C toute l’année. Contrepartie : prix posé de 14 000 à 25 000 euros, complexité de chantier (terrassement ou forage), autorisations préfectorales pour certains forages. Elle prend tout son sens en zone climatique H1 (quart nord-est) sur maison correctement isolée. Détails sur le captage géothermique, son coût et son rendement.

PAC air-air : sur logement sans chauffage central

Elle souffle directement de l’air chaud ou froid via des splits intérieurs. Elle est pertinente sur une maison sans circuit d’eau chaude, souvent chauffée par des convecteurs électriques ou des grille-pains muraux. Elle ne produit pas l’eau chaude sanitaire (il faut prévoir un ballon distinct) et elle est exclue de MaPrimeRénov’ depuis 2023. Elle reste éligible à la prime CEE. Prix posé : 4 000 à 15 000 euros selon la surface couverte et le nombre de splits. Détails sur la PAC air-air, ses aides et ses limites.

PAC hybride : conserver une chaudière gaz encore en bon état

Elle associe une PAC air-eau à une chaudière gaz à condensation, pilotées par une régulation intelligente qui bascule de l’une à l’autre selon la température extérieure. Elle a du sens uniquement si vous disposez déjà d’une chaudière gaz récente que vous voulez conserver. En cas de remplacement d’une chaudière fioul, la PAC air-eau seule est presque toujours plus pertinente. Attention : depuis 2024, le Coup de pouce Chauffage a été supprimé pour l’hybride, ce qui change le calcul économique. Détails sur la PAC hybride et son intérêt économique en 2026.

Le rôle irremplaçable du professionnel RGE QualiPAC

La pose d’une pompe à chaleur peut techniquement se faire par un installateur non qualifié, mais aucune aide publique ne suivra. La certification RGE QualiPAC (Reconnu Garant de l’Environnement, spécialisation pompe à chaleur) est la condition d’accès à MaPrimeRénov’, à la prime CEE et à l’éco-PTZ. Sur un projet à 13 000 euros, ces trois aides cumulées représentent 5 000 à 9 000 euros. Passer par un installateur non RGE, même 15 % moins cher sur le devis, revient à payer la même chose voire davantage au final.

La qualification RGE QualiPAC est délivrée par Qualit’ENR ou Qualibat, avec un audit annuel de chantier. À côté du RGE, deux autres certifications comptent : l’attestation de capacité pour la manipulation des fluides frigorigènes (catégorie I ou II selon les cas), obligatoire pour toute mise en service d’une PAC, et la certification Qualibat 5311 pour la mise en œuvre des équipements techniques. Un installateur sérieux affiche ces trois références sur son devis et fournit les attestations sur simple demande.

La vérification prend trente secondes sur france-renov.gouv.fr, l’annuaire officiel. Tapez le nom ou le numéro SIRET, l’entreprise apparaît avec ses qualifications actives et leurs dates de validité. Une qualification suspendue ou expirée invalide le dossier d’aide, même si la pose est faite dans les règles.

Les étapes concrètes de l’installation, du diagnostic à la mise en service

Le chantier proprement dit ne représente que quelques jours sur un projet qui court sur plusieurs mois. Voici les six étapes réelles, dans l’ordre où elles s’enchaînent.

Étape 1 : le diagnostic préalable

Avant tout devis sérieux, un installateur RGE effectue une visite technique. Elle inclut le contrôle du DPE ou d’un audit énergétique, l’examen des émetteurs (radiateurs ou plancher chauffant, avec une caméra thermique lors d’une journée froide idéalement), l’inspection du circuit hydraulique existant, la vérification du tableau électrique, l’identification des emplacements possibles pour l’unité extérieure. Cette visite est presque toujours gratuite. Une visite en quinze minutes qui ne monte pas dans les combles et ne teste pas les radiateurs est une visite bâclée. Repartez et demandez un autre devis.

Étape 2 : le devis et le bilan thermique

Le devis complet arrive dans les jours qui suivent la visite. Il doit être accompagné d’un bilan thermique nominatif, calculé pièce par pièce à partir des déperditions réelles de la maison. Ce bilan justifie la puissance retenue (en kW) et le régime de température prévu. Sans bilan, la puissance est estimée à la louche, souvent surdimensionnée pour couvrir le risque commercial, ce qui garantit des cycles courts et un COP réel dégradé. Le devis détaille aussi le matériel proposé (marque, modèle, puissance, SCOP, ETAS), la pose ligne par ligne, les travaux annexes (socle béton, adaptation électrique, désembouage éventuel), et le montant des aides prévisionnelles.

Étape 3 : les autorisations administratives

La pose d’une unité extérieure visible depuis l’espace public relève d’une déclaration préalable de travaux en mairie (formulaire Cerfa 13703, gratuit, instruction en un mois). En copropriété, l’accord de l’assemblée générale est obligatoire pour toute pose sur façade, balcon ou partie commune (comptez 3 à 6 mois selon la fréquence des AG). En zone patrimoniale (secteur sauvegardé, monument historique dans un périmètre de 500 m), l’architecte des Bâtiments de France peut imposer un placement caché ou refuser la pose. Ces vérifications se font en amont, jamais après le devis.

Étape 4 : les dossiers d’aides

Les dossiers d’aides se déposent avant tout début de travaux, sinon les aides sont perdues sans recours possible. MaPrimeRénov’ se dépose sur maprimerenov.gouv.fr, avec le devis signé par un installateur RGE QualiPAC. La prime CEE Coup de pouce Chauffage passe par un fournisseur d’énergie (EDF, Engie, TotalEnergies, Effy et autres), avec une charte à signer avant le devis. L’éco-PTZ se demande à votre banque avec le devis et un formulaire dédié. Comptez 4 à 8 semaines d’instruction pour MaPrimeRénov’, 2 à 4 semaines pour la prime CEE, 2 à 6 semaines pour l’éco-PTZ. Une fois l’accord obtenu, les travaux peuvent démarrer.

Étape 5 : la pose et la mise en service

Le chantier proprement dit dure entre 2 et 5 jours pour une PAC air-eau qui remplace une chaudière existante, à condition que le circuit hydraulique soit conservé. Une géothermie mobilise 10 à 15 jours (terrassement ou forage inclus). Une multi-split air-air prend 3 à 7 jours selon le nombre de splits. Le déroulement type d’une pose air-eau : dépose de l’ancienne chaudière (jour 1), pose du socle béton et de l’unité extérieure (jour 2), passage des liaisons frigorifiques et hydrauliques à travers le mur (jour 2-3), pose du module intérieur et raccordements (jour 3-4), mise sous tension, montée en pression, test d’étanchéité, mise en service et paramétrage de la régulation (jour 4-5).

Étape 6 : la réception et la maintenance

La réception se fait à froid, machine à l’arrêt : vérification visuelle des raccordements, contrôle des fixations, remise des documents (attestation de conformité, notice d’utilisation, procès-verbal de mise en service, garanties). Puis une deuxième réception « à chaud » se fait dans les jours qui suivent, une fois la machine en fonctionnement, pour valider le bon comportement (température de consigne atteinte, cycles réguliers, absence de bruit anormal). C’est à cette étape que l’installateur explique la loi d’eau paramétrée, la programmation horaire, et vous forme sur les gestes d’entretien courant. Exigez la remise du procès-verbal de mise en service signé, il conditionne la garantie.

Le calendrier réaliste d’un projet, du premier devis à la mise en service

Un projet PAC ne se boucle pas en trois semaines, contrairement à ce que certains commerciaux laissent entendre. Comptez quatre à six mois entre la première demande de devis et la mise en service dans un scénario nominal, sept à huit mois si vous devez passer par une assemblée générale de copropriété.

Semaines 1 à 4 : diagnostic préalable, demandes de devis à trois installateurs RGE QualiPAC, visites techniques. Semaines 5 à 6 : comparaison des devis ligne à ligne, choix de l’installateur, signature du devis retenu. Semaines 6 à 7 : signature de la charte CEE avant tout début de travaux, dépôt du dossier MaPrimeRénov’, demande d’éco-PTZ. Semaines 8 à 12 : instruction des dossiers d’aides. Semaines 12 à 20 : réalisation des travaux, mise en service, réception. Semaines 20 à 26 : envoi des factures acquittées, versement des aides. L’erreur fréquente est de vouloir accélérer en démarrant les travaux avant l’accord MaPrimeRénov’. La prime est alors perdue, sans recours possible.

Ce qui reste à faire une fois la PAC installée

La pose n’est pas la fin du projet, c’est le début de sa vie utile. Trois habitudes à prendre dès la mise en service.

L’entretien obligatoire tous les deux ans

Depuis le décret du 30 juillet 2020, l’entretien par un professionnel agréé est obligatoire tous les deux ans pour toute PAC dont la puissance est comprise entre 4 et 70 kW (soit la quasi-totalité des installations résidentielles). L’entretien inclut le contrôle du fluide frigorigène, le nettoyage des échangeurs, la vérification des sécurités, le test des paramètres de fonctionnement. Comptez 180 à 250 euros par visite. Un contrat annuel, non obligatoire mais fortement recommandé, prolonge la durée de vie de la machine et maintient le SCOP réel proche de l’annoncé.

Les gestes simples entre deux visites

Trois gestes tiennent votre installation en bon état : dégager régulièrement l’espace autour de l’unité extérieure (feuilles, neige, végétation qui pousse), nettoyer les filtres du module intérieur tous les trois à six mois (aspirateur ou eau savonneuse), surveiller la pression du circuit (entre 1 et 1,5 bar à froid). Ces gestes ne remplacent pas la visite obligatoire, mais ils évitent 80 % des pannes courantes qui déclenchent une intervention d’urgence.

Vérifier la performance réelle

Le SCOP annoncé sur le devis n’est pas le SCOP obtenu chez vous. Un compteur électrique dédié à la PAC (facturé 100 à 200 euros à la pose, à négocier en amont) permet de mesurer la consommation réelle et de la comparer à l’énergie thermique produite. Après une saison complète, vous saurez si votre installation tient ses promesses ou si un réglage de loi d’eau s’impose. Un installateur qui prévoit cette instrumentation dans son devis s’engage sur le résultat, pas seulement sur la pose.

Les cinq signaux d’un installateur ou d’un devis à écarter

Sur le terrain, certains signaux permettent d’écarter d’emblée un devis mal fait ou un installateur peu sérieux. Cinq marqueurs à surveiller.

Pas de visite technique préalable. Un devis établi sur photo ou sur téléphone, sans passage physique, est un devis à écarter. Le dimensionnement, l’emplacement de l’unité extérieure, l’état du circuit hydraulique ne se voient pas sur plan.

Absence de bilan thermique nominatif. La puissance est justifiée « au feeling » ou par un ratio watts par mètre carré. Signal numéro un d’un dimensionnement approximatif, qui condamne l’installation à des cycles courts ou à un appoint électrique fréquent.

Un prix unique sans détail. Vous ne pouvez ni comparer, ni négocier ligne à ligne. Rien ne vous garantit non plus que le matériel promis correspond bien à ce qui sera posé le jour du chantier.

Une signature demandée immédiatement. Un chantier à 15 000 euros se réfléchit sur deux à quatre semaines, avec au moins trois devis comparés. Une « offre valable ce jour uniquement » relève du forcing commercial, pas du conseil technique.

Un refus de communiquer le numéro RGE ou l’attestation fluides frigorigènes. Ces documents se demandent sans détour. Un installateur qui les élude a quelque chose à cacher. La qualification RGE se vérifie ensuite sur france-renov.gouv.fr en trente secondes.

Ce qu’il faut retenir avant de lancer les travaux

L’installation d’une pompe à chaleur réussie tient sur une chaîne cohérente : un logement préparé (isolation, émetteurs, circuit hydraulique en état), une technologie choisie sur votre configuration réelle et non sur la promesse d’un vendeur, un installateur RGE QualiPAC vérifié sur l’annuaire officiel, un bilan thermique nominatif qui justifie la puissance, des dossiers d’aides déposés avant tout début de travaux. Le prix du devis n’est qu’un des critères, et souvent pas le plus décisif : la cohérence du projet compte davantage que quelques centaines d’euros gagnés sur un poste. Une installation à 14 000 euros bâtie sur un vrai diagnostic vaut toujours mieux qu’une installation à 12 000 euros au forfait, qui vous laissera dans les six mois avec un SCOP réel de 2,8 au lieu des 4 annoncés.

Pour approfondir un point précis du projet, plusieurs contenus complètent ce guide. L’ordre des travaux en rénovation énergétique détaille l’articulation avec les autres travaux du chantier, notamment l’isolation à traiter avant la PAC. Le cycle thermodynamique d’une pompe à chaleur explique d’où vient ce rendement. Le guide du COP et du SCOP d’une pompe à chaleur détaille les indicateurs de performance à lire sur un devis. Le bilan de déperditions et le calcul de puissance conditionnent le devis autant que le choix de la machine. Enfin, le bilan honnête des avantages et des limites d’une PAC rassemble les points d’attention avant de décider. Pour protéger la machine une fois posée (socle antivibratile normalisé, parafoudre type 2, cage anti-vol quand la situation le justifie), notre article sur la protection d’une pompe à chaleur reprend les quatre familles de risques et les dépenses à anticiper sur le devis.

Questions fréquentes sur l'installation d'une pompe à chaleur

Quel est le prix moyen d’une installation de pompe à chaleur en 2026 ?

Comptez entre 10 000 et 18 000 euros posés pour une PAC air-eau selon la puissance et la technologie, 4 000 à 15 000 euros pour une air-air selon la surface couverte, 14 000 à 25 000 euros pour une géothermique (le forage ou le terrassement représente 30 à 50 % du devis). Après cumul MaPrimeRénov’, Coup de pouce Chauffage et éco-PTZ, le reste à charge d’un ménage très modeste sur une PAC air-eau descend à 2 800-4 000 euros, contre 7 100-9 000 euros pour des revenus intermédiaires.

Combien de temps prend l’installation d’une pompe à chaleur ?

Le chantier lui-même dure entre 2 et 5 jours pour une PAC air-eau qui remplace une chaudière existante, jusqu’à 10 à 15 jours pour une géothermie (terrassement ou forage inclus), et 3 à 7 jours pour une multi-split air-air. Le projet global, entre la première demande de devis et la mise en service, prend 4 à 6 mois dans un scénario nominal, en incluant l’instruction des dossiers d’aides (4 à 8 semaines pour MaPrimeRénov’).

Faut-il une autorisation pour installer une pompe à chaleur ?

Oui, dans deux cas. Une déclaration préalable de travaux en mairie (formulaire Cerfa 13703, gratuit) est obligatoire dès que l’unité extérieure modifie l’aspect de la façade ou est visible depuis l’espace public. En copropriété, l’accord de l’assemblée générale est indispensable pour toute pose sur façade, balcon ou partie commune. En zone patrimoniale (secteur sauvegardé, périmètre monument historique), l’architecte des Bâtiments de France peut imposer un emplacement caché ou refuser la pose.

Peut-on installer soi-même une pompe à chaleur ?

Techniquement possible sur une PAC air-air prête à poser vendue en grande surface (à condition de faire réaliser la mise en service par un titulaire de l’attestation fluides frigorigènes), beaucoup plus complexe sur une PAC air-eau qui suppose des raccordements hydrauliques et électriques certifiés. Dans les faits, une pose sans RGE QualiPAC vous ferme MaPrimeRénov’, la prime CEE et l’éco-PTZ, soit 5 000 à 9 000 euros d’aides perdues. Économiser 2 000 à 3 000 euros de main-d’œuvre pour en perdre trois fois plus en aides n’a pas de sens économique.

Où placer l’unité extérieure d’une pompe à chaleur ?

L’unité extérieure doit être installée à l’air libre, dans un espace dégagé permettant la libre circulation de l’air (1 mètre minimum devant et sur les côtés). Elle ne se pose pas dans un local fermé ni sur une toiture ancienne (vibrations, poids). La distance aux voisins doit être suffisante pour éviter les nuisances sonores (typiquement 3 mètres minimum de la limite de propriété, davantage en mitoyenneté). Le socle en béton, coulé lors de la pose, isole la machine des vibrations transmises au sol.

Quelle puissance de pompe à chaleur pour une maison de 100 m² ?

Il n’existe pas de règle universelle, la puissance dépend de l’isolation, de la région climatique et du régime de température retenu. À titre indicatif, une maison de 100 m² correctement isolée en zone climatique H2 demande une PAC air-eau de 6 à 8 kW. La même maison en zone H1 (nord-est) monte à 8-10 kW. Une passoire thermique de 100 m² peut réclamer 12 à 14 kW, ce qui rend le projet économiquement peu pertinent avant les travaux d’isolation. Seul un bilan thermique nominatif par pièce donne la puissance juste.

La pompe à chaleur fonctionne-t-elle en hiver ?

Oui, jusqu’à des températures de −15 à −20 °C sur ses composants pour les PAC air-eau modernes, avec un rendement dégradé au fur et à mesure que l’air se refroidit. Sous le point de bivalence (typiquement entre −5 et −10 °C), la résistance électrique intégrée prend le relais pour couvrir les besoins. Une PAC géothermique ne connaît pas ce phénomène puisqu’elle puise dans le sol qui reste à 10-14 °C toute l’année. En zone climatique froide (H1), le SCOP réel d’une aérothermique est structurellement plus bas que celui d’une géothermique.