Quel disjoncteur pour une pompe à chaleur

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Choisir le disjoncteur d’une pompe à chaleur n’est pas un détail technique qu’on délègue à l’électricien. C’est le composant qui protège la machine contre les courts-circuits et les surchauffes, qui conditionne l’accès aux aides publiques (l’installation doit être conforme NF C 15-100), et qui décide de la sécurité de tout le circuit. Un calibre trop faible provoque des déclenchements récurrents au démarrage du compresseur, particulièrement en cas de pompe à chaleur qui disjoncte la nuit quand le pic de démarrage se cumule avec le chauffe-eau en heures creuses. Un calibre trop élevé ne protège plus la PAC en cas de défaut électrique. La règle tient dans une formule simple et deux ou trois choix techniques.

Ce guide reprend le calibre exact selon la puissance de votre PAC, le choix de la courbe (C ou D), le différentiel type F désormais imposé par la NF C 15-100 édition 2024, la question du monophasé vs triphasé, et le budget d’un circuit dédié conforme en 2026.

La règle qui décide de tout : intensité = puissance divisée par tension

Le calibre d’un disjoncteur se calcule en ampères, à partir de la puissance électrique consommée par la PAC en régime nominal. La formule tient en une ligne : intensité (A) = puissance (W) ÷ tension (V). En monophasé résidentiel standard, la tension est de 230 volts. En triphasé, elle passe à 400 volts.

Un exemple concret. Une PAC air-eau de 8 kW thermiques consomme environ 2 500 W électriques en régime nominal avec un COP de 3,2. En monophasé : 2 500 ÷ 230 = 10,9 A. On prend le calibre normalisé immédiatement supérieur : 16 A. Le compresseur peut appeler jusqu’à 5 fois cette intensité pendant quelques millisecondes au démarrage, mais le disjoncteur courbe D tolère cet appel sans déclencher.

Simple à calculer.

Attention : la puissance à retenir est la puissance électrique absorbée, pas la puissance thermique restituée. Une PAC 8 kW thermiques n’appelle pas 8 000 W du réseau, elle en appelle 2 000 à 3 000 selon son COP. La confusion entre ces deux valeurs est la première source d’erreur de dimensionnement électrique.

Quel calibre selon la puissance de votre PAC ?

Voici les calibres normalisés en monophasé 230 V, appliqués aux PAC résidentielles standard. Le tableau croise puissance électrique, calibre, section conducteur et application typique. Ces valeurs sont issues des guides Legrand et Hager conformes NF C 15-100 édition 2024.

Les fourchettes suivantes portent sur des installations résidentielles standard, à ajuster selon votre configuration précise et la marque du matériel retenu.

Calibre disjoncteur PAC selon puissance électrique consommée
Puissance électrique absorbée Calibre disjoncteur Section conducteur Application typique
Jusqu’à 3 500 W 20 A courbe D 2,5 mm² PAC air-air 8-10 kW thermiques ou air-eau 6-8 kW
De 3 500 à 4 200 W 32 A courbe D 4 mm² PAC air-eau 9-12 kW thermiques
De 4 200 à 5 500 W 40 A courbe D 6 mm² PAC air-eau 12-16 kW thermiques
Au-delà de 5 500 W Passage au triphasé 6-10 mm² tri PAC ≥ 16 kW ou tri déjà présent
Jusqu’à 2 000 W (petit modèle) 16 A courbe D 2,5 mm² PAC air-air mono-split 4-6 kW
Valeurs pour PAC monophasée 230 V. Section conducteur imposée par la NF C 15-100. Ajouter systématiquement un différentiel 30 mA type F.

La règle Hager est simple à retenir : 20 A jusqu’à 3 500 watts absorbés, 32 A jusqu’à 4 200 watts, 40 A jusqu’à 5 500 watts. Au-delà, le passage au triphasé devient obligatoire ou fortement recommandé, avec des calibres divisés par racine de 3.

Cas particulier de la PAC hybride

Une PAC hybride associe une PAC air-eau à une chaudière gaz existante. Le disjoncteur se dimensionne sur la partie PAC uniquement, la chaudière conservant son circuit propre (16 A courbe C typique). Sur une PAC hybride de 5 kW thermiques, un disjoncteur 16 A courbe D suffit dans la grande majorité des cas.

Faut-il choisir une courbe C ou une courbe D ?

La courbe de déclenchement magnétique caractérise la vitesse à laquelle le disjoncteur réagit à un appel de courant. Elle décide de la tolérance aux surintensités brèves comme celles générées par un moteur au démarrage.

Ce que chaque courbe autorise

La courbe B déclenche entre 3 et 5 fois l’intensité nominale. À proscrire pour une PAC : le compresseur déclenche systématiquement au démarrage. La courbe C, la plus courante en résidentiel, déclenche entre 5 et 10 fois l’intensité nominale. Elle convient aux PAC inverter modernes à démarrage progressif. La courbe D, spécifique aux charges à fort appel de courant, déclenche entre 10 et 20 fois l’intensité nominale. C’est la référence pour les PAC équipées de compresseurs classiques ON/OFF ou de démarrage direct.

Le choix selon la technologie de compresseur

Argile (août 2026) confirme la règle empirique : la PAC se protège en général par un disjoncteur type D, avec une intensité de démarrage qui ne dépasse pas 30 ampères en monophasé. Sur les compresseurs inverter à démarrage progressif (gammes récentes Daikin, Mitsubishi, Panasonic), la courbe C peut suffire. Sur les compresseurs ON/OFF plus anciens ou d’entrée de gamme, la courbe D reste obligatoire pour éviter les déclenchements intempestifs.

En cas de doute, la courbe D est le choix sûr. Elle ne coûte pas plus cher qu’une courbe C, tolère tous les types d’appels de courant et évite les rappels d’électricien après quelques semaines d’usage sur une machine qui vient d’être posée avec des composants inverter dont les caractéristiques de démarrage varient d’un fabricant à l’autre selon la génération de compresseur retenue par le constructeur.

Le choix par défaut.

Le différentiel 30 mA type F, désormais obligatoire depuis 2024

Le disjoncteur seul ne suffit pas. Il doit être associé à un différentiel 30 milliampères qui protège les personnes contre les fuites à la terre. Sur une installation extérieure comme une PAC air-eau, cette obligation est absolue en résidentiel neuf comme en rénovation.

La NF C 15-100 édition 2024, en vigueur depuis septembre 2025, introduit une exigence nouvelle : le différentiel doit être de type F pour les circuits à variateur de vitesse monophasé, catégorie qui inclut désormais explicitement les pompes à chaleur. Le type F améliore la compatibilité électromagnétique et évite les déclenchements intempestifs que provoquent les variations de courant du compresseur inverter sur un DDR classique type A ou AC.

Faut-il passer au triphasé pour une pompe à chaleur ?

Le choix entre monophasé 230 V et triphasé 400 V ne dépend pas d’une préférence, mais de la puissance de la PAC et de l’installation électrique existante.

Monophasé pour la majorité des PAC résidentielles

Une PAC air-eau jusqu’à 9 kW thermiques se contente d’une alimentation monophasée 230 V avec un disjoncteur 16 à 32 A. C’est la configuration standard des maisons individuelles françaises, dont 85 % des logements sont raccordés uniquement en monophasé. Aucun surcoût de raccordement au réseau, l’électricien pose le circuit dédié directement depuis le tableau existant.

Triphasé au-delà de 9 kW ou avec autres appareils lourds

Au-delà de 9 kW thermiques, ou en présence de plusieurs appareils lourds simultanés (borne de recharge véhicule électrique, four professionnel, chauffe-eau électrique), le triphasé 400 V devient pertinent. L’intensité est divisée par racine de 3, ce qui permet des calibres plus modestes (16 A triphasé au lieu de 32 A monophasé pour la même puissance). Passer du monophasé au triphasé sur un logement existant coûte 500 à 1 500 euros de modification tableau si l’arrivée triphasée est déjà en place chez ENEDIS, 2 000 à 5 000 euros si un tirage nouveau depuis le transformateur est nécessaire.

Combien coûte l’installation électrique conforme en 2026 ?

Le budget d’un circuit dédié conforme NF C 15-100 pour une PAC air-eau résidentielle en 2026 tient dans une fourchette bien identifiée. L’ensemble disjoncteur magnétothermique courbe D plus différentiel 30 milliampères type F plus circuit dédié tiré du tableau plus parafoudre type 2 recommandé revient à un budget global de 800 à 1 850 euros posés hors PAC, chiffré séparément dans le devis global de l’installateur RGE.

Le disjoncteur magnétothermique 20 à 32 A courbe D coûte 150 à 300 euros posé, marques Legrand, Hager ou Schneider. Le différentiel 30 mA type F 40 A ajoute 250 à 500 euros. Le tirage du circuit dédié depuis le tableau vers l’unité extérieure, avec câble section 2,5 à 6 mm² sous gaine ICTA, coûte 300 à 800 euros selon la longueur (5 à 20 mètres typiques) et la complexité de passage (traversée de mur, enfouissement, cheminement en faux plafond). Un parafoudre type 2 optionnel mais fortement recommandé complète la protection pour 100 à 250 euros supplémentaires.

Total d’une installation électrique conforme pour PAC air-eau standard : 800 à 1 850 euros posés hors PAC, chiffré séparément dans le devis de l’installateur RGE QualiPAC qui coordonne le chantier avec un électricien qualifié pour la partie tableau, en respectant les prescriptions de la NF C 15-100 édition 2024 sur le calibre, la courbe, le type de différentiel et la section conducteur, sans quoi la conformité de l’installation ne peut pas être garantie par l’attestation Consuel requise pour la mise en service définitive.

Une ligne dédiée par la loi.

Ce qu’il faut vérifier sur le devis avant signature

Quatre lignes doivent apparaître explicitement dans le devis d’installation électrique. La première est le disjoncteur magnétothermique avec sa mention exacte : calibre (16, 20, 32 ou 40 A selon puissance PAC) et courbe (D en général, C possible sur inverter récent). La deuxième est le différentiel 30 mA type F, obligatoire depuis septembre 2025 pour les circuits PAC. La troisième est le circuit dédié tiré depuis le tableau, avec la section conducteur précisée (2,5 mm², 4 mm², 6 mm²). La quatrième, optionnelle mais recommandée, est le parafoudre type 2 au tableau, avec justification de sa nécessité selon la zone (AQ2 orageuse, présence paratonnerre, distance tableau au point de pénétration).

Une PAC branchée sur une prise standard 16 A partagée avec d’autres appareils est une non-conformité qui expose à des déclenchements récurrents, à un refus de prise en charge fabricant sous garantie, et à un refus d’indemnisation d’assurance en cas de sinistre électrique. Vérifiez ce point avant même d’accepter un devis peu détaillé sur la partie électrique. Notre guide complet sur la protection d’une pompe à chaleur détaille l’ensemble des dispositifs électriques et mécaniques à intégrer au chantier initial.

Questions fréquentes sur le disjoncteur d'une pompe à chaleur

Quel disjoncteur pour une pompe à chaleur air-eau ?

20 A courbe D en monophasé jusqu’à 3 500 W électriques absorbés (PAC 8-10 kW thermiques). 32 A courbe D jusqu’à 4 200 W (PAC 9-12 kW). 40 A courbe D jusqu’à 5 500 W (PAC 12-16 kW). Au-delà, passage au triphasé 400 V avec calibres divisés par racine de 3. La courbe D tolère les appels de courant au démarrage du compresseur (jusqu’à 20 fois l’intensité nominale pendant quelques millisecondes).

Comment calculer le calibre du disjoncteur d’une PAC ?

Formule technique : intensité (A) = puissance électrique consommée (W) ÷ tension (230 V monophasé). Attention : la puissance à retenir est la puissance électrique absorbée, pas la puissance thermique restituée. Une PAC 8 kW thermiques avec COP 3,2 consomme environ 2 500 W électriques, soit 10,9 A. On prend le calibre normalisé immédiatement supérieur : 16 A courbe D. La confusion entre puissance thermique et puissance électrique est la première source d’erreur.

Faut-il un disjoncteur courbe C ou courbe D pour une PAC ?

Courbe D en général, spécifique aux charges à fort appel de courant comme les compresseurs. La courbe C (démarrage progressif) peut suffire sur les PAC inverter modernes Daikin, Mitsubishi, Panasonic. La courbe B (2-3 x In) est à proscrire : déclenchements systématiques au démarrage. En cas de doute, la courbe D reste le choix sûr, elle ne coûte pas plus cher qu’une courbe C et évite les rappels d’électricien.

Le différentiel type F est-il obligatoire pour une pompe à chaleur ?

Oui, depuis la NF C 15-100 édition 2024 en vigueur depuis septembre 2025. Le type F est spécifique aux circuits à variateur de vitesse monophasé, catégorie qui inclut désormais explicitement les PAC (inverter). Il améliore la compatibilité électromagnétique et évite les déclenchements intempestifs qu’un différentiel type A ou AC classique produit systématiquement sur une PAC. Sensibilité 30 mA obligatoire en résidentiel extérieur, surcoût de 50 euros environ vs type A.

Peut-on brancher une pompe à chaleur sur une prise standard ?

Non. La NF C 15-100 impose un circuit électrique dédié depuis le tableau, non partagé avec d’autres appareils. Une PAC branchée sur une prise standard 16 A partagée provoque des chutes de tension au démarrage qui perturbent les autres circuits, expose à des déclenchements récurrents, entraîne un refus de prise en charge fabricant sous garantie et un refus d’indemnisation assurance en cas de sinistre électrique. Le circuit dédié n’est pas négociable.

Quelle section de câble pour une pompe à chaleur ?

Section imposée par la NF C 15-100 selon le calibre du disjoncteur : 2,5 mm² pour 16-20 A, 4 mm² pour 25-32 A, 6 mm² pour 40 A, 10 mm² au-delà. Câble de type H07VU ou H07RN-F sous gaine ICTA, adapté au cheminement extérieur pour la partie qui rejoint l’unité extérieure. Sous-dimensionner la section provoque un échauffement du conducteur et un risque d’incendie sur charge continue en pointe d’hiver.

Combien coûte l’installation électrique d’une PAC en 2026 ?

800 à 1 850 euros posés hors PAC pour une installation complète conforme NF C 15-100 : disjoncteur magnétothermique 20-32 A courbe D (150-300 €), différentiel 30 mA type F 40 A (250-500 €), circuit dédié tiré depuis tableau vers unité extérieure avec câble et gaine (300-800 €), parafoudre type 2 recommandé (100-250 €). Ce poste est éligible aux aides quand il fait partie du devis global d’un installateur RGE QualiPAC.

Faut-il passer au triphasé pour installer une pompe à chaleur ?

Pas systématiquement. Une PAC air-eau jusqu’à 9 kW thermiques se contente d’une alimentation monophasée 230 V, standard dans 85 % des maisons individuelles françaises. Au-delà de 9 kW ou en présence d’autres appareils lourds (borne recharge VE, four professionnel), le triphasé 400 V devient pertinent : intensité divisée par racine de 3, calibres plus modestes. Passage monophasé vers triphasé : 500-1 500 € si arrivée triphasée déjà en place chez ENEDIS, 2 000-5 000 € si tirage nouveau depuis transformateur.