Pompe à chaleur qui tourne mais ne chauffe pas : que faire ?

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Le radiateur reste tiède, l’unité extérieure ronronne dans le jardin, la régulation affiche une consigne à 21 degrés, et pourtant la maison ne monte pas. La situation revient souvent, à l’entrée de l’hiver ou après plusieurs semaines de fonctionnement continu. Dans la majorité des cas, la cause est simple et se règle sans intervention lourde. Reste à mener le diagnostic dans le bon ordre, sans démonter un capot au hasard ni appeler un dépanneur pour un problème que vous auriez résolu en dix minutes.

Ce guide vous emmène pas à pas, du plus évident au plus technique. Vous saurez à chaque étape si vous pouvez agir vous-même ou s’il faut passer la main.

Reset ou dépannage : trancher avant tout le reste

Avant d’ouvrir la moindre trappe, prenez trente secondes pour situer votre situation. Certaines pannes se contentent d’un redémarrage propre, d’autres exigent un frigoriste sous quarante-huit heures.

Les signes qui imposent d’appeler un pro sans tarder

Certains symptômes ne trompent pas. Une trace d’huile visible sous l’unité extérieure signe presque toujours une fuite du circuit frigorifique. Un bruit métallique répété, un claquement au démarrage du compresseur, une odeur de brûlé côté module intérieur relèvent du même registre. Coupez alors l’alimentation au disjoncteur dédié, notez la date et l’heure, prenez rendez-vous. Insister à faire tourner la machine dans cet état, c’est prendre le risque de griller le compresseur, pièce la plus chère de l’installation, autour de 1 500 à 3 000 euros pose comprise selon les modèles.

Les situations où un reset suffit

À l’inverse, une PAC qui tourne sans code erreur, sans bruit anormal, avec un départ d’eau qui reste tiède, mérite qu’on lui laisse une chance. Un reset consiste à couper l’alimentation au tableau pendant deux à trois minutes, puis à réenclencher. Cette manipulation efface les codes d’erreur transitoires et réinitialise la logique de régulation. Elle ne répare rien de mécanique, mais elle vous dit au moins si le problème vient d’un bug logiciel passager. Si la panne revient dans l’heure, ce n’était pas un simple bug.

Étape 1 : vérifier la consigne et la programmation horaire

Cela semble évident, et pourtant c’est la première cause d’appel injustifié chez les dépanneurs. La consigne a été baissée par erreur, un mode absence ou réduit nuit tourne encore alors que vous êtes rentré, une plage horaire coupe le chauffage entre 9 h et 17 h. Vérifiez la consigne au thermostat principal, puis parcourez la programmation hebdomadaire dans le menu de la régulation. Contrôlez aussi le mode saisonnier : certaines PAC air eau, une fois passées en mode eau chaude sanitaire seule, cessent purement de produire du chauffage, même si vous montez la consigne.

Exemple vu sur un chantier en janvier 2026, maison de 130 mètres carrés en région lyonnaise : la régulation tournait avec un point d’équilibre réglé à 15 degrés extérieurs. La météo affichait 12 degrés, la PAC ne démarrait pas le chauffage. Un ajustement de la courbe de chauffe, et l’installation repartait.

Étape 2 : contrôler la pression du circuit d’eau

La deuxième cause fréquente concerne les PAC air eau et les modèles hybrides. Le circuit hydraulique doit rester sous pression entre 1 et 1,5 bar à froid, avec une remontée normale à 1,8 ou 2 bars une fois l’eau chaude. En dessous de 0,8 bar, la sécurité de la PAC coupe la production pour protéger le circulateur et le condenseur. Le manomètre se trouve en général sur le module intérieur.

Si la pression est trop basse, ouvrez la vanne de remplissage lentement jusqu’à revenir dans la zone verte, refermez, relancez. Attention toutefois : si vous devez refaire l’appoint plus d’une fois par an, il y a une fuite quelque part, sur un raccord, un joint de radiateur ou le vase d’expansion. Un remplissage à répétition finit par charger le circuit en oxygène dissous et corroder les composants métalliques de l’intérieur. Un professionnel doit alors identifier la fuite et remettre le circuit en conformité.

Étape 3 : purger les radiateurs pour chasser l’air

L’air piégé dans les émetteurs bloque la circulation d’eau chaude, en particulier dans les radiateurs situés en hauteur ou en bout de boucle. Symptôme classique : la partie basse du radiateur est chaude, la partie haute reste froide, et la température ambiante ne monte pas malgré une PAC qui tourne à plein régime. La purge des radiateurs se fait à l’aide d’une clé dédiée, sur le petit robinet situé en haut de chaque appareil, avec un chiffon sous la sortie.

Purgez du plus proche au plus éloigné du module intérieur, ou du bas vers le haut de la maison si vous avez un étage. Vérifiez la pression après la purge, car l’opération fait toujours chuter le circuit de 0,2 à 0,4 bar. Refaites l’appoint si besoin. Sur une installation qui a moins de deux ans et qui présente régulièrement de l’air, il faut suspecter une entrée d’air, souvent au vase d’expansion ou sur un purgeur automatique défectueux, et un contrôle professionnel s’impose.

Étape 4 : vérifier la vanne trois voies

Sur une PAC qui produit à la fois chauffage et eau chaude sanitaire, une vanne trois voies motorisée oriente l’eau chaude produite soit vers le ballon, soit vers le circuit de chauffage. Quand cette vanne se bloque en position eau chaude sanitaire, la PAC tourne, le compresseur chauffe, mais toute la chaleur file dans le ballon au lieu d’alimenter les radiateurs. Vous obtenez alors une eau brûlante au robinet et une maison qui reste froide.

Le diagnostic se fait à la main : la conduite vers le ballon est brûlante, celle qui part vers le circuit chauffage reste tiède ou froide, quelle que soit la consigne demandée. La vanne se repère facilement, un petit moteur cylindrique fixé sur un raccord en Y. Le remplacement coûte entre 250 et 450 euros pièce et pose, moins d’une heure d’intervention pour un professionnel équipé.

Étape 5 : contrôler le dégivrage de l’unité extérieure

Par temps froid et humide, l’humidité de l’air se condense en givre sur l’évaporateur extérieur. Une PAC air eau bien conçue lance automatiquement des cycles de dégivrage, en inversant temporairement le sens de circulation du fluide pour faire fondre la couche de glace. Le cycle dure trois à dix minutes, pendant lesquelles la production de chauffage est suspendue. C’est normal, prévu, et invisible pour l’utilisateur dans la plupart des cas.

En revanche, si vous constatez une couche de glace persistante sur l’échangeur extérieur, une accumulation en bloc au bas de l’unité, ou un ventilateur qui frotte contre la glace, le dégivrage ne fonctionne plus correctement. Les causes possibles vont de la sonde de dégivrage défaillante à la vanne quatre voies grippée, en passant par un manque de fluide frigorigène qui empêche le cycle d’atteindre la température de fusion. Un dégivrage manuel à l’eau tiède, jamais chaude, peut débloquer la situation temporairement. Ne cassez surtout pas la glace au tournevis, vous risquez de percer une ailette d’échangeur, panne coûteuse et irréversible.

Étape 6 : lire et interpréter le code erreur

La quasi-totalité des PAC vendues en France depuis dix ans embarque une régulation numérique qui affiche un code erreur précis en cas de défaut. Les codes se composent d’une lettre suivie de deux ou trois chiffres, du type E01, HP3, F22, LP4. Chaque constructeur a sa propre nomenclature, mais toutes se recoupent sur les grands défauts : haute pression, basse pression, défaut sonde, défaut débit, défaut ventilateur, défaut compresseur.

Notez le code exactement, avec sa lettre et ses chiffres, ainsi que le moment d’apparition et les conditions extérieures. Un défaut HP qui apparaît en fin de cycle chauffage suggère un manque de débit d’eau, souvent un filtre à tamis encrassé ou un circulateur qui faiblit. Un défaut LP qui revient tous les matins froids trahit plutôt un manque de charge en fluide frigorigène. La notice du fabricant, téléchargeable avec le numéro de série, donne la correspondance exacte. Communiquez ce code au dépanneur : cela lui fait gagner du temps et vous coûte moins cher.

Étape 7 : suspecter une fuite de fluide frigorigène

Quand toutes les vérifications précédentes n’aboutissent à rien, quand la PAC tourne longtemps sans monter en température, quand l’écart entre départ et retour d’eau reste inférieur à 3 degrés au lieu des 5 à 7 degrés attendus, il faut envisager une perte de charge en fluide. Le circuit frigorifique est hermétique par conception, mais l’étanchéité peut se dégrader avec le temps, sur un raccord vibré, un tube frotté, une soudure fatiguée. Une PAC sous chargée fonctionne, mais délivre une puissance de plus en plus faible à mesure que la charge diminue.

Ce contrôle relève exclusivement du frigoriste titulaire de l’attestation de capacité fluide, obligatoire depuis 2011. L’opération consiste à détecter la fuite, la réparer, tirer au vide le circuit, puis recharger à la masse exacte préconisée par le constructeur. Comptez 300 à 700 euros selon la difficulté de la recherche, plus le prix du fluide, particulièrement variable selon qu’il s’agit d’un ancien R410A ou d’un moderne R290 au propane. Sur une installation encore sous garantie fabricant, l’intervention est prise en charge, à condition d’appeler d’abord le SAV constructeur ou l’installateur d’origine.

Combien coûte un dépannage de pompe à chaleur en 2026

Les tarifs varient selon la région, l’urgence et la qualification de l’intervenant, mais des ordres de grandeur solides se dégagent du marché français. Le déplacement seul se facture entre 150 et 300 euros, avec une majoration en soirée, week-end et jour férié qui peut atteindre 50 pour cent. La main d’oeuvre horaire se situe entre 60 et 120 euros de l’heure, selon qu’il s’agit d’un chauffagiste généraliste ou d’un frigoriste spécialisé.

À cela s’ajoutent les pièces éventuelles. Un circulateur remplacé coûte 200 à 400 euros posé. Une sonde de température, 80 à 180 euros. Un ventilateur d’unité extérieure, 300 à 600 euros. Une recharge complète en fluide, 200 à 500 euros. Un compresseur, la pièce la plus coûteuse, tourne entre 1 500 et 3 000 euros pose comprise, et sur une machine de plus de dix ans, la question du remplacement complet se pose sérieusement.

Un contrat d’entretien annuel autour de 150 à 250 euros couvre le contrôle biennal du fluide et une visite préventive, avec en général une remise sur la main d’oeuvre de dépannage. Nous avons détaillé le sujet dans notre guide de l’entretien obligatoire et dans un article dédié aux bonnes pratiques.

Prévenir plutôt que dépanner

La grande majorité des pannes évitables tient à trois causes : un dimensionnement approximatif à l’installation, un entretien négligé, et une régulation mal paramétrée après la pose. Une PAC sous dimensionnée tourne en permanence à plein régime et ne monte jamais en température quand le froid frappe fort. Une PAC surdimensionnée cycle trop souvent, chaque démarrage-arrêt fatiguant le compresseur et le contacteur électrique. Notre guide du dimensionnement explique comment vérifier ce point sur un devis avant signature.

Côté entretien, un dépoussiérage de l’unité extérieure au printemps, un contrôle de la pression tous les trois mois et le remplacement du filtre à tamis lors de la visite annuelle préviennent la moitié des pannes. Côté régulation, prenez une heure avec votre installateur à la mise en service pour comprendre la courbe de chauffe, le point d’équilibre et les modes saisonniers. Ces trois notions expliquent l’essentiel des appels de dépannage qui n’auraient jamais dû partir. Pour la logique globale, voyez notre page sur le fonctionnement d’une pompe à chaleur.

Questions fréquentes

Ma pompe à chaleur tourne en permanence mais ne monte pas en température, est-ce grave ?

Pas nécessairement, mais cela mérite une vérification rapide. Une PAC qui tourne sans atteindre la consigne peut être sous dimensionnée, mal réglée sur sa courbe de chauffe, encrassée côté échangeur ou en début de manque de fluide. Notez la température de départ d’eau, l’extérieure et la consigne, puis appelez votre installateur. Il distinguera un défaut de paramétrage, réglable parfois à distance, d’une vraie panne qui exige un déplacement.

Faut il couper la pompe à chaleur quand elle ne chauffe plus ?

Cela dépend du symptôme. Si vous constatez un bruit anormal, une odeur, une trace d’huile ou un code erreur qui revient malgré un reset, coupez le disjoncteur dédié et attendez l’intervention. Si la PAC tourne calmement mais chauffe insuffisamment, vous pouvez la laisser en marche le temps d’obtenir un rendez-vous, en abaissant la consigne pour limiter la consommation inutile.

Combien de temps un reset de pompe à chaleur prend il ?

La coupure au disjoncteur dure deux à trois minutes, le temps que les condensateurs se déchargent et que la mémoire volatile de la régulation s’efface. Après réenclenchement, la machine passe par une phase d’auto contrôle de trente secondes à deux minutes, puis relance ses cycles normaux. Si un code erreur réapparaît immédiatement, le problème est matériel et un reset supplémentaire ne changera rien.

La garantie couvre-t-elle une panne de pompe à chaleur ?

La garantie légale de conformité couvre deux ans à compter de la livraison. La garantie fabricant s’étend souvent à 5 ou 7 ans sur les pièces, parfois 10 ans sur le compresseur, à condition d’avoir fait réaliser l’entretien annuel par un professionnel qualifié RGE QualiPAC. Sans traces d’entretien, le fabricant peut refuser la prise en charge.

Une PAC peut elle tomber en panne à cause du grand froid ?

Une PAC air eau bien dimensionnée reste opérationnelle jusqu’à moins 15 ou moins 20 degrés extérieurs selon les modèles, mais sa puissance diminue et son COP chute. Si votre installation dispose d’un appoint électrique intégré et qu’il ne s’enclenche pas, vérifiez son activation dans le menu régulation. Une PAC géothermique ne subit pas ces variations puisque la source, le sol, reste stable autour de 10 degrés toute l’année.

À qui faire appel pour dépanner une pompe à chaleur ?

À un professionnel qualifié RGE QualiPAC disposant de l’attestation de capacité fluide si l’intervention touche au circuit frigorifique. En priorité, votre installateur d’origine, qui connaît la machine et l’historique. Sinon, contactez le SAV du fabricant qui vous orientera vers un partenaire agréé. Évitez les plateformes d’urgence qui facturent des déplacements exorbitants sans garantie sur la qualification réelle du technicien envoyé.