ETAS pompe à chaleur : définition, seuils 2026 et lecture du devis
Trois lettres, partout. Elles apparaissent sur tous les devis de pompe à chaleur, sans jamais être vraiment expliquées. L’ETAS, ou Efficacité Thermique Annuelle Saisonnière, est l’indicateur réglementaire qui détermine l’éligibilité de votre PAC aux aides publiques 2026. Un ETAS inférieur à 126 % en régime basse température, et vous perdez MaPrimeRénov’. Inférieur à 111 % en régime moyenne ou haute température, même sanction. Comprendre ce chiffre, c’est éviter de valider un devis techniquement irrecevable au moment de la constitution du dossier d’aides.
Ce guide reprend ce qu’est vraiment l’ETAS, comment il se calcule à partir du SCOP, en quoi il diffère du COP et du SEER, quels sont les seuils réglementaires 2026 selon la technologie et le régime d’émetteurs, comment le lire sur un devis, et ce qui le fait varier sur la même machine selon la configuration. Objectif : que vous sachiez repérer une valeur incohérente sur une fiche technique et que vous puissiez négocier une machine correctement dimensionnée pour votre logement, pas une PAC affichée à un ETAS de laboratoire qui s’effondrera dans votre installation réelle.
Qu’est-ce que l’ETAS d’une pompe à chaleur ?
L’ETAS mesure la performance saisonnière d’un appareil de chauffage. Sur une saison complète. En pourcentage d’énergie primaire consommée. Il rapporte l’énergie thermique produite à l’énergie primaire consommée, avec un facteur conventionnel de 2,5 pour l’électricité. Une PAC air-eau moderne affiche un ETAS entre 110 et 175 % selon la technologie, le régime d’émetteurs et la zone climatique.
Efficacité Thermique Annuelle Saisonnière : le nom au complet
L’ETAS a plusieurs noms officiels. C’est là que naît une bonne partie de la confusion sur le sujet. On le trouve aussi écrit Efficacité énergétique saisonnière (traduction directe de l’anglais Seasonal Space Heating Energy Efficiency), eta_s ou ηs avec la lettre grecque, et parfois SCOPref chez certains constructeurs. Tous ces termes désignent la même grandeur, définie par le règlement européen UE 813/2013 sur l’écoconception (ErP) applicable depuis le 26 septembre 2015, et révisé pour l’étiquetage énergétique en 2018.
L’objectif du texte européen était de créer un indicateur unique et comparable entre toutes les technologies de chauffage (PAC air-eau, PAC air-air, chaudières gaz à condensation, chaudières fioul, chaudières bois bûches, chaudières granulés, cogénération, chauffe-eau thermodynamiques), pour aider le consommateur à trancher sur une base commune indépendante des affirmations commerciales de chaque famille technologique. Le résultat est un pourcentage. Plus il est élevé, plus l’appareil restitue de chaleur pour un kilowattheure d’énergie primaire consommée.
Comment il se calcule à partir du SCOP
Compliquée. La formule officielle est complexe et fait intervenir plusieurs facteurs de correction. Une version simplifiée donne une bonne approximation. On part du SCOP (coefficient de performance saisonnier mesuré selon la norme EN 14825), on le multiplie par 40 (soit une division par 2,5 puis multiplication par 100), et on retire 3 à 8 % de pénalité auxiliaires (ventilateurs, pompes, régulation).
Un exemple pour fixer les idées. Une PAC affichant un SCOP de 3,5 se traduit par un ETAS d’environ 133 à 135 %, ce qui reste en dessous du seuil MPR basse température fixé à 126 % en 2026 après application de la pénalité auxiliaires prévue par le règlement européen 813 de l’année 2013. Un SCOP de 4 donne un ETAS d’environ 152 à 155 %. Un SCOP de 3, souvent constaté sur PAC ancienne ou mal dimensionnée, donne un ETAS d’environ 112 à 115 %. Le facteur 2,5 correspond au rendement moyen conventionnel du parc européen de production électrique, retenu par la réglementation ErP pour convertir kWh électrique en kWh primaire.
ETAS, COP, SCOP, SEER : pourquoi tant d’indicateurs ?
Quatre acronymes. Quatre mesures différentes sur le même appareil. La confusion vient de leur usage mêlé dans les brochures commerciales, où on croise le COP flatteur en très gros et l’ETAS réglementaire en note de bas de page, sans mention explicite du régime de température auquel chaque chiffre s’applique.
Le COP est un rendement instantané mesuré en conditions test standardisées (température extérieure fixée, régime nominal, absence de dégivrage). C’est la valeur la plus flatteuse, celle que les commerciaux affichent en gros sur la brochure. Elle donne un ordre d’idée mais ne prédit pas la consommation réelle sur une année.
Le SCOP lisse cette valeur sur une saison de chauffe complète, en intégrant les variations de température extérieure, les cycles de dégivrage, les phases de fonctionnement partiel. C’est la vraie mesure de performance annuelle chauffage, calculée selon un profil de charge conventionnel par la norme EN 14825. À moins sept degrés, le COP d’une PAC air-eau chute typiquement à 2 à 2,5, ce que le SCOP lisse dans sa moyenne annuelle.
Le SEER est le pendant du SCOP pour le mode froid, mesuré uniquement sur les PAC réversibles et les climatiseurs. Il tourne autour de 5 à 7 sur un inverter moderne, structurellement plus élevé que le SCOP parce que la différence de température à franchir en été est plus faible qu’en hiver.
L’ETAS est la conversion réglementaire européenne du SCOP en pourcentage d’énergie primaire, avec pénalités auxiliaires. C’est le seul indicateur qui apparaît obligatoirement sur l’étiquette énergie ErP et sur les dossiers d’aides publiques 2026.
Quels seuils ETAS 2026 selon la technologie ?
Les aides ne pardonnent pas. MaPrimeRénov’ et CEE Coup de pouce Chauffage exigent des seuils ETAS minimum, différents selon la technologie de chauffage et le régime de température des émetteurs. Un devis qui n’atteint pas ces seuils est disqualifié d’office du dossier d’aides.
La différence de seuil (126 % contre 111 %) reflète la performance intrinsèquement meilleure d'une PAC sur émetteurs basse température. Sur radiateurs anciens haute T, une PAC peut être éligible à 111 % mais son SCOP réel restera modeste : le vrai gain économique se joue à 126 % ou au-dessus.
Pour les chaudières et poêles à granulés, le seuil est différent parce que la technologie ne capte pas d’énergie renouvelable au sens de la PAC. Le seuil MPR est ETAS ≥ 79 % pour la chaudière biomasse, et ETAS ≥ 79 % pour le poêle à granulés avec certification Flamme Verte 7 étoiles. Une chaudière granulés moderne atteint typiquement 87 à 90 %, un poêle certifié 7 étoiles environ 85 à 90 %. Comparaison technologique utile : une chaudière gaz à condensation moderne affiche un ETAS de 92 à 94 %, une chaudière gaz basse température non-condensation entre 70 et 84 %.
Comment lire l’ETAS sur un devis
Trois endroits où l’information doit apparaître. Une seule qui compte vraiment pour valider l’éligibilité aux aides.
Sur l’étiquette énergie ErP
L’étiquette énergie européenne, obligatoire sur l’emballage et sur la fiche produit du constructeur, affiche la classe énergétique (A+++ à G) directement dérivée de l’ETAS. Les classes pour PAC en régime basse température sont : A+++ ≥ 175 %, A++ 150 à 175 %, A+ 125 à 150 %, A 98 à 125 %, B 82 à 98 %. Une PAC classée A+ tient donc l’éligibilité MPR 2026 en régime moyenne/haute température (seuil 111 %) mais pas systématiquement en régime basse température (seuil 126 %), à vérifier ligne par ligne.
Sur la fiche technique constructeur
La fiche technique du modèle affiche l’ETAS pour deux régimes distincts : 35 °C (basse T) et 55 °C (moyenne T), parfois aussi 65 °C. Chaque régime donne un ETAS différent sur le même appareil, souvent avec un écart de 30 à 40 points entre le régime basse et le régime haute température. C’est cette variation qui décide de l’éligibilité MPR selon le type d’émetteurs conservés dans le logement.
Ce qui doit apparaître sur le devis
Un devis PAC air-eau conforme aux exigences MPR 2026 doit faire figurer explicitement cinq mentions techniques. Une seule oubliée, et le dossier d’aides bloque au moment de la validation sur France Rénov.
La référence commerciale complète d’abord : marque, modèle exact, puissance thermique nominale en kW à 7 °C extérieur. La valeur ETAS pour le régime réel ensuite : 35 °C si plancher chauffant ou radiateurs basse T, 55 °C si radiateurs standard, avec le pourcentage précis, pas un ordre de grandeur. La certification NF PAC, Eurovent ou Keymark du modèle, qui garantit que l’ETAS annoncé correspond à la valeur mesurée en laboratoire agréé.
La classe énergétique ErP aussi : A+++, A++ ou A+ mentionnée avec le régime de référence associé, parce que la classe change selon qu’on compare à 35 °C ou 55 °C. Le SCOP enfin, en complément de l’ETAS, pour permettre la vérification croisée par la formule ETAS ≈ SCOP × 40 − 5 et lever tout doute sur la cohérence entre les deux chiffres.
Notre article dédié détaille comment interpréter le COP et le SCOP d’un devis, avec les pièges de lecture les plus fréquents : COP et SCOP d’une pompe à chaleur. Pour le lien entre ETAS et dimensionnement d’ensemble, notre guide dimensionnement d’une pompe à chaleur aborde la question du régime d’eau et de sa cohérence avec le SCOP.
Trois paramètres font varier l’ETAS en pratique
Deux ETAS très différents sur la même machine. Cela arrive plus souvent qu’on ne le pense, et la valeur commerciale annoncée peut s’écarter très largement de la valeur effectivement mesurée dans votre installation domestique. Trois paramètres décident de la valeur réelle.
Le régime de température des émetteurs
C’est le paramètre qui pèse le plus. Une même PAC air-eau donne un ETAS de 155 % sur plancher chauffant à 35 °C et un ETAS de seulement 115 % sur radiateurs fonte anciens à 65 °C. L’écart de 40 points résulte du surcroît de travail que le compresseur doit fournir pour élever la température d’eau à un niveau plus élevé, ce qui dégrade mécaniquement le rendement thermodynamique.
Cette dépendance au régime explique une bonne partie des dossiers MPR refusés au dernier moment, quand France Rénov confronte la fiche technique du modèle installé au type d’émetteurs réels du logement et découvre que l’ETAS retenu n’était que celui du régime basse température alors que les radiateurs conservés fonctionnent à 65 °C sur un circuit haute température incompatible avec la valeur annoncée. Une PAC vendue avec un ETAS annoncé de 135 % à 35 °C passe la barre en installation sur plancher chauffant. Sur radiateurs fonte conservés à 65 °C, la même PAC descend en dessous du seuil 111 % et devient inéligible. Le devis doit mentionner l’ETAS au régime de fonctionnement réel du logement, pas la valeur commerciale du régime basse température par défaut.
Le dimensionnement et la zone climatique
Une PAC sur-dimensionnée par rapport aux déperditions du logement passe une grande partie de la saison en régime partiel avec cyclages courts, ce qui dégrade son rendement réel de 10 à 15 %. Une PAC sous-dimensionnée fait basculer fréquemment la résistance électrique d’appoint, qui fonctionne à un COP de 1 pour 1 et fait chuter l’ETAS effectif. Le bon dimensionnement, calculé sur un vrai bilan de déperditions selon la norme EN 12831, tient l’ETAS réel dans une fourchette proche de la valeur annoncée.
La zone climatique joue aussi. Une PAC affichée à un ETAS de 150 % en zone moyenne standard EN 14825 rend son ETAS réel autour de 155 % en zone H3 tempérée méditerranéenne, mais chute vers 130 % en zone H1 rigoureuse continentale lorsque les températures descendent régulièrement en dessous de moins sept degrés pendant plusieurs semaines et que le compresseur fonctionne durablement dans sa zone de rendement dégradé qui pèse structurellement sur la moyenne saisonnière retenue par la norme européenne. La norme calcule sur un profil moyen européen, votre installation n’y correspond pas exactement.
La zone compte plus qu’on ne le dit sur les brochures.
Pour aller plus loin sur le fonctionnement thermodynamique et la mesure de rendement, notre article fonctionnement d’une pompe à chaleur explique le cycle sans jargon. Pour l’impact du choix d’émetteurs sur les performances, voir aussi installer une pompe à chaleur.
Questions fréquentes sur l'ETAS d'une pompe à chaleur
Qu’est-ce que l’ETAS d’une pompe à chaleur ?
L’ETAS (Efficacité Thermique Annuelle Saisonnière) est un indicateur réglementaire européen exprimé en pourcentage qui mesure la performance saisonnière d’un appareil de chauffage. Défini par le règlement UE 813/2013, il est obligatoire sur l’étiquette énergie ErP et sur les dossiers d’aides publiques. Pour une PAC air-eau moderne, il varie entre 110 et 175 % selon technologie et régime d’émetteurs.
Quelle est la différence entre COP, SCOP et ETAS ?
Le COP est un rendement instantané mesuré en conditions test standardisées (4 à 5 sur PAC moderne). Le SCOP est la moyenne saisonnière calculée sur profil de charge annuel (3,5 à 4,5 typique). L’ETAS est la conversion réglementaire du SCOP en pourcentage d’énergie primaire avec pénalités auxiliaires, retenue par l’Union européenne pour l’étiquetage et l’éligibilité aux aides.
Comment convertir un SCOP en ETAS ?
Formule simplifiée : ETAS (%) ≈ SCOP × 40 − 5. Un SCOP de 3,5 donne un ETAS d’environ 135 %. Un SCOP de 4 donne un ETAS de 155 %. Un SCOP de 3 donne un ETAS de 115 %. Le facteur 40 correspond à la conversion réglementaire kWh électrique vers kWh primaire (division par 2,5 puis multiplication par 100), moins environ 5 points pour les pénalités auxiliaires imposées par le règlement UE 813/2013.
Quel ETAS minimum pour MaPrimeRénov’ 2026 ?
Pour une PAC air-eau : ETAS ≥ 126 % en régime basse température (plancher chauffant, radiateurs basse T à 35-45 °C), ETAS ≥ 111 % en régime moyenne ou haute température (radiateurs à 55-65 °C). Pour une chaudière ou poêle à granulés, seuil ETAS ≥ 79 % avec certification Flamme Verte 7 étoiles. Ces seuils sont identiques pour la prime CEE Coup de pouce Chauffage et pour l’éco-PTZ.
Où trouver l’ETAS d’une pompe à chaleur ?
Trois emplacements. L’étiquette énergie ErP sur l’emballage et la fiche produit du constructeur affiche la classe énergétique dérivée de l’ETAS. La fiche technique constructeur détaille l’ETAS pour deux régimes de température (35 °C et 55 °C). Le devis doit reprendre la valeur ETAS pour le régime d’émetteurs prévu dans votre logement, cette valeur étant celle qui compte pour l’éligibilité aux aides.
Pourquoi l’ETAS varie-t-il selon le régime de température ?
Une même PAC affiche un ETAS différent selon le régime de température de l’eau de départ, avec un écart pouvant atteindre 30 à 40 points entre 35 °C et 65 °C. À basse température, le compresseur fournit moins de travail pour atteindre la consigne, ce qui améliore mécaniquement le rendement thermodynamique. C’est ce qui explique que les PAC sur plancher chauffant affichent des ETAS autour de 150 à 175 %, alors que les mêmes PAC sur radiateurs anciens haute T tournent autour de 100 à 120 %.
Une PAC classée A++ est-elle éligible à MaPrimeRénov’ ?
Pas systématiquement. La classe A++ correspond à un ETAS entre 150 % et 175 %, ce qui garantit l’éligibilité en régime basse ou moyenne température. La classe A+ (ETAS 125 à 150 %) tient l’éligibilité en régime moyenne/haute T (seuil 111 %) mais atteint tout juste le seuil basse T (126 %). La classe A (ETAS 98 à 125 %) ne suffit pas pour l’éligibilité MPR en régime basse T.
L’ETAS est-il obligatoire sur un devis de PAC ?
Oui pour tout devis présentant une PAC candidate à MaPrimeRénov’, à la prime CEE ou à l’éco-PTZ. L’installateur RGE QualiPAC doit mentionner le modèle exact, l’ETAS pour le régime d’émetteurs installé, la certification NF PAC, Eurovent ou Keymark, la classe énergétique ErP et idéalement le SCOP en complément pour permettre la vérification croisée. Un devis sans ces mentions ne passera pas la validation du dossier d’aides sur France Rénov.