Comment nettoyer une pompe à chaleur extérieure ?(procédure, outils et fréquence)
Une pompe à chaleur extérieure qui tourne pendant trois hivers sans nettoyage voit son COP réel chuter de 15 à 30 %. La facture d’électricité grimpe alors de 100 à 300 euros par an, sans explication apparente pour le propriétaire. Le coupable est simple : les ailettes de l’échangeur s’encrassent progressivement, l’air circule moins bien, le transfert thermique se dégrade, la PAC compense en tournant plus longtemps pour délivrer la même quantité de chaleur au réseau de radiateurs ou au plancher chauffant. Ce guide donne la procédure exacte pour rétablir la performance, avec les outils autorisés, les produits interdits, la fréquence par type d’environnement et les cas où il faut appeler un professionnel, sans jamais s’écarter de ce que constatent les installateurs RGE QualiPAC sur le parc réel.
Contrairement au nettoyage des filtres traité dans un guide dédié, celui de l’unité extérieure porte sur l’échangeur, la carrosserie et le ventilateur. Les techniques diffèrent. Les erreurs coûtent plus cher : un jet trop puissant plie les ailettes en aluminium de manière irréversible. La fréquence dépend fortement de l’environnement du logement, ce que la plupart des guides génériques passent sous silence pour se contenter d’un vague « une fois par an » qui ne veut rien dire selon le contexte réel de la PAC installée. Une PAC installée à moins de 15 km du littoral n’a pas les mêmes besoins qu’une PAC dans un village de campagne intérieure éloigné de toute source de pollution atmosphérique.
Pourquoi le nettoyage de l’unité extérieure change votre facture
Le mécanisme physique est simple. L’échangeur transfère les calories de l’air vers le fluide frigorigène grâce à des ailettes en aluminium fines et serrées, généralement 1,5 à 2 mm d’écart entre chaque ailette. Cet espace est calculé au plus juste par le constructeur pour maximiser la surface d’échange thermique. Dès qu’un dépôt s’accumule, il réduit le débit d’air à travers l’échangeur, dégrade le coefficient de transfert thermique, et la PAC doit tourner plus longtemps. La consommation grimpe mécaniquement. L’usure du compresseur suit.
Les mesures Uniclima 2025 sur parc installé donnent des ordres de grandeur précis, éclairants pour situer sa propre PAC. Une couche de poussière et de pollen fine, visible à l’œil comme un voile grisâtre en période printanière typique, entraîne une perte de 5 à 10 % du COP. Une couche moyenne avec feuilles, débuts de mousse, fils d’araignée entre les ailettes, épaisseur 2 à 3 mm, fait chuter le COP de 15 à 25 %. Un encrassement lourd, avec mousse développée, écorces coincées et végétation qui pousse contre l’unité, fait perdre 30 à 40 % du COP, avec en prime des mises en sécurité par surpression et des dégivrages anormalement fréquents que le propriétaire attribue à tort au froid.
La fréquence dépend fortement de l’environnement d’installation
La question est rarement traitée dans les guides d’entretien : la périodicité qui convient à une PAC posée en zone pavillonnaire tempérée ne convient pas du tout à une PAC posée à moins de 5 km du littoral, ni à une PAC posée en bordure de champ agricole traité aux pesticides, ni à une PAC posée sous un arbre à feuilles caduques, ni encore à une PAC en zone urbaine dense soumise à la pollution automobile permanente. Cinq environnements, cinq fréquences.
| Environnement d’installation | Fréquence recommandée | Points d’attention particuliers |
|---|---|---|
| Zone urbaine dense (Paris, Lyon, grande ville) | Tous les 3 à 4 mois | Pollution accélère encrassement échangeur |
| Zone rurale ou pavillonnaire tempérée | 2 fois par an (printemps + automne) | Fréquence standard, la plus courante |
| Bord de mer (moins de 15 km du littoral) | Tous les 2 à 3 mois | Sel corrode aluminium, traitement anti-sel indispensable |
| Zone forestière ou pollen important | 4 fois par an minimum | Feuilles et pollen bouchent rapidement les grilles |
| Zone montagne (au-dessus de 1 000 m) | 2 fois par an + vérification novembre et mars | Peu de pollution mais gel et neige à surveiller |
| Bordure champ agricole traité | Tous les 2 mois | Poussière et résidus pesticides s’accumulent |
Cette table remonte à des retours d’installateurs RGE QualiPAC 2026 sur des centaines de sites suivis, avec un recul de plusieurs années pour la plupart. Elle contredit la recommandation générique « une fois par an » que l’on lit partout ailleurs. Elle mérite d’être prise au sérieux. Pour une PAC en zone bord de mer nettoyée seulement une fois par an, la durée de vie de l’échangeur passe de 15 à 20 ans annoncés par les constructeurs à 6 à 8 ans constatés en réalité, sous l’effet corrosif du sel marin sur l’aluminium et sur le vernis anti-corrosion qui le protège.
Un mauvais emplacement multiplie encore la fréquence nécessaire. Sous un arbre à feuilles caduques : intervention mensuelle en octobre et novembre. Contre un mur végétalisé de lierre ou de glycine : taille manuelle 3 fois par an, sans quoi les racines pénètrent dans les ailettes. Au-dessus d’une évacuation pluviale surdimensionnée qui projette de l’eau chargée en particules : nettoyage mensuel obligatoire. Ces cas relèvent d’une erreur de pose. Le vrai remède est de reprendre l’emplacement de l’unité extérieure plutôt que de multiplier les nettoyages, opération qui coûte 500 à 2 000 euros mais règle le problème pour toute la durée de vie de l’installation, et divise par 2 à 3 la fréquence de nettoyage nécessaire.
Quels outils et quels produits utiliser sans endommager l’échangeur ?
Le choix des outils sépare le nettoyage réussi du dégât irréversible. Les ailettes en aluminium sont fines de 0,1 à 0,2 mm et se plient au moindre choc, notamment sous l’effet d’un jet d’eau haute pression, d’une brosse rigide passée en travers, ou d’une soufflette calibrée pour le décollement d’écrous grippés. Le vernis anti-corrosion qui les protège se dissout au contact de solvants ou d’acides agressifs, en particulier tout ce qui contient chlore, acide chlorhydrique ou dérivés d’alcool. Deux erreurs coûtent cher.
Les outils autorisés
Une brosse souple à poils naturels (5 à 15 euros en magasin de bricolage), un aspirateur atelier avec embout brosse fine (30 à 100 euros si vous ne l’avez pas déjà), un pulvérisateur de jardin basse pression maximum 3 bar avec de l’eau claire ou du vinaigre blanc dilué à 50 %, un chiffon microfibre humide pour la carrosserie. Un aérosol nettoyant spécifique serpentin de climatiseur (15 à 30 euros en magasin de pièces frigo type Pidéo, ProdesTravaux ou en ligne) fait aussi partie de la panoplie et respecte le vernis des ailettes.
Les outils et produits formellement interdits
Nettoyeur haute pression type Karcher au-delà de 3 bar : plie définitivement les ailettes en aluminium, dommage irréversible, remplacement de l’échangeur nécessaire (800 à 2 500 euros selon modèle et main d’œuvre). Acide chlorhydrique, détartrant fort ou vinaigre pur non dilué : attaque le vernis de protection des ailettes, corrosion accélérée par la suite. Alcool à brûler ou solvants agressifs : dissolvent le vernis anti-corrosion. Brosse métallique : raye, arrache le vernis, plie les ailettes. Soufflette d’air comprimé au-delà de 4 bar : déforme les ailettes.
Trois principes à retenir
Premier principe, toujours brosser dans le sens des ailettes, jamais en travers, sinon on les plie irrémédiablement. Deuxième principe, rincer à basse pression uniquement, y compris quand on utilise un aérosol nettoyant serpentin qui fait mousser le dépôt, l’eau ne doit jamais arriver avec force sur l’échangeur, sous peine de désaligner mécaniquement l’écart des ailettes qui a été calibré millimètre par millimètre à l’usine par le constructeur. Troisième principe, éviter de mouiller les composants électriques et le boîtier de la carte électronique de commande, quitte à protéger avec un film plastique fixé au ruban de peintre pour ne pas laisser de résidu adhésif après le nettoyage.
Comment nettoyer l’unité extérieure étape par étape ?
La procédure standard tient en huit étapes à respecter dans l’ordre. Durée totale : 30 à 60 minutes selon l’ancienneté de l’installation, l’état d’encrassement constaté et l’accessibilité de l’unité extérieure, sachant qu’une PAC posée sur un support antivibratoire au sol demandera moins de temps qu’une PAC fixée à mi-hauteur d’un mur nécessitant une échelle et un escabeau stable pour intervenir en sécurité sans risque de chute.
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Couper l’alimentation électrique Interrompre le disjoncteur dédié à la PAC sur le tableau électrique. Attendre 5 minutes que le compresseur s’arrête complètement et que les condensateurs se déchargent. Débrancher tout raccordement communication filaire si accessible.
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Protéger l’environnement Bâcher le sol autour de l’unité pour récupérer les débris qui vont tomber. Couvrir les évacuations pluviales voisines pour éviter que feuilles et mousse ne les bouchent. Prévoir un chiffon pour éponger l’eau qui coule.
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Nettoyer la carrosserie extérieure Chiffon microfibre humide + eau claire, faire briller les tôles peintes. Vérifier absence de rouille naissante sur les angles et les vis. Passer une éponge sur les grilles latérales.
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Retirer la grille frontale Dévisser les vis Torx T20 ou T25 (les plus courantes sur les grandes marques), retirer sans forcer. Photographier avant démontage pour aider au remontage. Poser la grille à plat, jamais debout contre un mur (risque de déformation).
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Dépoussiérer les ailettes à sec Brosse souple ou aspirateur atelier avec embout brosse fine, dans le sens des ailettes, jamais en travers. Insister sur les zones où les feuilles se sont incrustées. Cette étape retire déjà 70 à 80 % du dépôt sur une unité pas trop encrassée.
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Nettoyage humide si nécessaire Pulvérisation eau claire basse pression ou aérosol nettoyant serpentin selon l’importance du dépôt. Faire mousser si aérosol, laisser agir 10 minutes selon notice, rincer à l’eau claire à faible pression. Éviter tout ruissellement vers les composants électriques.
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Contrôler l’hélice du ventilateur Vérifier l’absence de brindilles bloquantes, tourner l’hélice manuellement pour vérifier le libre débattement. Aucune résistance ni bruit anormal ne doit apparaître. Nettoyer les pales avec le chiffon microfibre.
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Remontage et remise en service Remettre la grille en respectant le sens, revisser les vis Torx au couple modéré. Rétablir l’alimentation électrique au disjoncteur. Vérifier le démarrage normal après 5 minutes de temporisation automatique. Écouter le bruit de fonctionnement.
Après remise en service, laisser tourner la PAC pendant 30 minutes et vérifier trois points : la température de sortie d’eau correspond à la consigne affichée sur la régulation, le ventilateur tourne à vitesse variable normale sans bruit anormal, et aucun message d’erreur ne s’affiche sur l’écran de commande de l’unité intérieure. Si un défaut apparaît dans les 24 heures qui suivent (arrêts inexpliqués, bruits nouveaux, consommation qui grimpe brutalement), ne pas nettoyer à nouveau mais faire intervenir un professionnel : le vrai problème est ailleurs.
Les trois cas particuliers qui reviennent le plus souvent
Trois situations spécifiques sortent de la procédure standard décrite plus haut. Elles méritent une approche adaptée à leur cause plutôt qu’à leur symptôme, sans quoi le problème ne fait que revenir. À traiter au cas par cas.
Mousse développée sur les ailettes
Signe d’humidité stagnante prolongée, souvent liée à un défaut de dégivrage ou à un emplacement mal ventilé où l’air ne circule pas assez pour évacuer l’humidité résiduelle après chaque cycle de fonctionnement hivernal. Nettoyer avec la brosse souple, eau et vinaigre blanc à 50 %, laisser agir 10 minutes, rincer à basse pression, répéter si persistance. Le vrai enjeu est de traiter la cause : mauvaise circulation d’air, environnement trop humide, emplacement dans un renfoncement fermé qui piège l’humidité et empêche le séchage naturel après un cycle de dégivrage. Sans intervention sur la cause structurelle, la mousse repousse en 2 à 3 mois et le problème redémarre à l’identique.
Dépôts calcaires blancs
Provient soit du système de dégivrage qui laisse déposer des sels minéraux lorsque l’eau de fonte s’évapore sur les ailettes, soit d’un défaut d’étanchéité proche du circuit d’eau. Pulvériser vinaigre d’alcool pur, laisser agir 15 minutes, rincer. Vérifier ensuite l’étanchéité des tuyauteries à proximité, éventuellement traiter l’eau du bac de dégivrage. Le calcaire n’est pas grave à court terme mais il isole thermiquement l’échangeur et réduit progressivement le COP.
Résidus jaunâtres ou huileux sur les ailettes
À NE PAS nettoyer soi-même sous aucun prétexte, car ces traces sont le signe précoce d’une fuite d’huile frigorifique du compresseur, phénomène qui accompagne fréquemment une microfuite de fluide dans le circuit et qui doit être diagnostiqué au plus vite par un professionnel équipé du bon matériel. Nettoyer avant diagnostic masque le problème et retarde une intervention devenue urgente. Faire intervenir un frigoriste certifié sous 15 jours pour identifier la fuite avec un détecteur de gaz spécifique, refaire l’étanchéité du circuit et recharger le fluide au niveau prévu par le constructeur. Coût : 300 à 800 euros selon l’ampleur de la fuite et le type de fluide utilisé, sachant que le R32 est moins cher que le R290 ou l’ancien R410A. Sans intervention rapide, risque de casse pure et simple du compresseur, dont le remplacement coûte 1 000 à 2 500 euros.
Quand faut-il faire appel à un professionnel plutôt qu’y aller soi-même ?
Le nettoyage courant peut se faire par le propriétaire, avec la procédure ci-dessus, quelques outils simples et une heure de disponibilité. Certaines interventions relèvent en revanche du professionnel. Soit par obligation légale liée à la puissance de l’installation, soit par prudence face à un symptôme qui dépasse le simple encrassement visible.
Cas 1, l’entretien annuel obligatoire des PAC de plus de 4 kW de puissance frigorifique (décret du 30 juillet 2020). Cet entretien inclut nécessairement le nettoyage extérieur mais va au-delà : contrôle d’étanchéité du circuit frigorifique, vérification des pressions, contrôle du dégivrage, réglage de la régulation. Coût habituel : 150 à 300 euros TTC par visite, à comparer aux 200 à 350 euros annuels d’un contrat d’entretien pluriannuel qui inclut 1 à 2 visites plus les dépannages courants.
Cas 2, la PAC est en zone bord de mer ou dans un environnement particulièrement agressif. Le professionnel dispose de produits anti-corrosion spécifiques, d’outils adaptés (soufflette calibrée à 2 bar exactement, brosses professionnelles) et sait démonter des composants plus profonds que la simple grille frontale. Coût d’un nettoyage approfondi zone littorale : 200 à 400 euros TTC selon accessibilité.
Cas 3, la PAC affiche des signes d’anomalie détaillés dans le paragraphe suivant. Nettoyer sans diagnostic préalable peut masquer un problème plus grave et retarder une intervention urgente. Un frigoriste certifié fera d’abord le diagnostic, puis le nettoyage adapté. Pour la vérification annuelle du contrat, notre guide sur les 8 points à vérifier dans un contrat d’entretien détaille les prestations qui doivent apparaître au minimum.
Les signaux qui doivent alerter avant tout nettoyage
Cinq signes doivent faire consulter un professionnel avant d’y mettre les mains soi-même. Nettoyer masquerait le problème sans le résoudre. Et retarderait une intervention devenue urgente.
Signe 1 : présence d’huile ou de traces jaunâtres sur les ailettes ou dans le bac de récupération situé sous l’unité extérieure, symptôme quasi certain d’une fuite d’huile frigorifique qui exige une intervention sous 15 jours par un frigoriste certifié.
Signe 2 : bruits inhabituels, grincements, sifflements aigus, cognements métalliques répétés qui trahissent un roulement de ventilateur en fin de vie, un compresseur qui souffre, ou de simples vibrations mécaniques d’un support de PAC mal serré.
Signe 3 : mise en sécurité fréquente avec code défaut affiché par la régulation, cas où le nettoyage ne résoudra pas le vrai problème et peut au contraire relancer le cycle de panne en effaçant les symptômes sans en traiter la cause électronique ou hydraulique.
Signe 4 : dégivrages anormalement fréquents, toutes les 15 à 20 minutes au lieu des 30 à 90 minutes normales, hors épisode humide et froid où la fréquence élevée est justifiée par les conditions extérieures.
Signe 5 : consommation électrique qui grimpe de plus de 30 % sans changement d’usage sur un an, malgré une PAC nettoyée récemment, symptôme presque toujours associé à une perte de fluide progressive qu’un frigoriste diagnostiquera puis colmatera pour 300 à 800 euros selon l’ampleur des travaux d’étanchéité et le fluide utilisé.
Ces cinq signes cumulés à un encrassement visible orientent presque toujours vers une panne latente. Un nettoyage effectué sans diagnostic préalable retarde l’intervention. Et laisse le problème s’aggraver. En cas de doute, ne pas nettoyer, appeler un professionnel. Le sujet du contrôle de la condensation d’une pompe à chaleur est indissociable de l’entretien annuel de l’unité extérieure et doit être vérifié en même temps que le nettoyage, notamment sur les modèles où l’évacuation des condensats passe par un siphon susceptible de s’encrasser au fil des cycles de dégivrage.
Pour la vérification distincte des filtres à air et à eau, la procédure est différente et se traite plus fréquemment (2 à 4 fois par an sur PAC air-air, une fois par an sur PAC air-eau).
La cadence de nettoyage change tout dans la durée de vie effective de l’installation. Un propriétaire qui respecte la périodicité adaptée à son environnement voit son échangeur tenir 15 à 20 ans comme annoncé par le constructeur. Un propriétaire qui néglige le nettoyage voit ce même échangeur commencer à se dégrader dès la 7e ou 8e année, avec des coûts de réparation ou de remplacement supérieurs au cumul de 15 ans d’entretien annuel bien mené, calcul qui remet toujours en perspective une éventuelle réticence à consacrer une heure deux fois par an à ce geste simple mais décisif pour la longévité.
Questions fréquentes sur le nettoyage d'une pompe à chaleur extérieure
À quelle fréquence faut-il nettoyer l’unité extérieure d’une pompe à chaleur ?
La fréquence dépend fortement de l’environnement. Zone rurale ou pavillonnaire tempérée : 2 fois par an (printemps et automne), fréquence standard. Zone urbaine dense (Paris, Lyon, grandes villes) : tous les 3 à 4 mois à cause de la pollution. Bord de mer (moins de 15 km du littoral) : tous les 2 à 3 mois obligatoirement, le sel corrode l’aluminium des ailettes. Zone forestière ou fort pollen : 4 fois par an minimum, feuilles et pollen bouchent rapidement les grilles. Zone montagne : 2 fois par an avec vérification supplémentaire en novembre et mars pour gel et neige. Une PAC en bord de mer nettoyée une seule fois par an voit la durée de vie de son échangeur passer de 15-20 ans annoncés à 6-8 ans constatés (source Uniclima 2025).
Peut-on utiliser un nettoyeur haute pression Karcher pour nettoyer une pompe à chaleur ?
Non, absolument pas au-delà de 3 bar de pression. Les ailettes en aluminium de l’échangeur ont une épaisseur de 0,1 à 0,2 mm et se plient définitivement au moindre jet puissant. Le dommage est irréversible et impose le remplacement de l’échangeur, soit 800 à 2 500 euros selon modèle et main d’œuvre. Utiliser uniquement un pulvérisateur de jardin basse pression maximum 3 bar, avec de l’eau claire ou du vinaigre blanc dilué à 50 %. Un aérosol nettoyant spécifique serpentin de climatiseur (15 à 30 euros) est adapté pour les dépôts tenaces et respecte le vernis anti-corrosion des ailettes.
Comment nettoyer les ailettes d’une pompe à chaleur sans les endommager ?
Utiliser une brosse souple à poils naturels et brosser toujours dans le sens des ailettes, jamais en travers, sinon elles se plient. Compléter avec un aspirateur atelier muni d’un embout brosse fine pour retirer les poussières profondes. Pour les dépôts humides ou tenaces, pulvériser de l’eau claire à basse pression (max 3 bar), ou un aérosol nettoyant spécifique serpentin de climatiseur. Éviter tout produit acide fort (chlorhydrique, détartrant), tout solvant agressif (alcool à brûler), toute brosse métallique et tout jet haute pression. Rincer à basse pression et laisser sécher. Une brosse à ailettes de climatisation (5 à 15 euros en magasin frigo) permet aussi de redresser sans forcer les ailettes légèrement pliées.
Quels produits sont interdits pour nettoyer une pompe à chaleur ?
Cinq produits et outils sont formellement interdits car ils endommagent le vernis anti-corrosion des ailettes ou les déforment. Nettoyeur haute pression Karcher au-delà de 3 bar : plie irréversiblement les ailettes. Acide chlorhydrique, détartrant fort ou vinaigre pur non dilué : attaque le vernis, corrosion accélérée. Alcool à brûler et solvants agressifs : dissolvent le vernis. Brosse métallique : raye et arrache le vernis, plie les ailettes. Soufflette d’air comprimé au-delà de 4 bar : déforme les ailettes. Utiliser uniquement eau claire, vinaigre blanc dilué à 50 % pour dépôts calcaires, ou aérosol nettoyant spécifique serpentin climatiseur.
Combien coûte un nettoyage professionnel de pompe à chaleur ?
Nettoyage seul en intervention ponctuelle : 80 à 150 euros TTC. Visite d’entretien annuelle complète (obligatoire pour PAC > 4 kW frigorifique) qui inclut nettoyage extérieur + contrôle étanchéité + réglage régulation : 150 à 300 euros TTC. Nettoyage approfondi zone bord de mer avec traitement anti-corrosion : 200 à 400 euros TTC. Nettoyage avec contrôle circuit frigorifique par frigoriste certifié : 250 à 500 euros TTC. Contrat d’entretien annuel Atlantic, Daikin, Vaillant, De Dietrich : 200 à 350 euros par an avec 1 à 2 visites incluses et dépannages courants. Ces prestations peuvent être plus économiques qu’un nettoyage à la carte selon la fréquence des besoins.
Que faire si les ailettes présentent des traces jaunâtres ou de la mousse ?
Traiter chaque cas différemment. Traces jaunâtres ou huileuses : ne PAS nettoyer soi-même, c’est le signe précoce d’une fuite d’huile frigorifique du compresseur. Faire intervenir un frigoriste certifié sous 15 jours (300 à 800 euros pour refaire étanchéité et recharger fluide). Sans intervention, risque de casse du compresseur (1 000 à 2 500 euros). Mousse développée : signe d’humidité stagnante prolongée. Nettoyer brosse + eau + vinaigre blanc à 50 %, laisser agir 10 minutes, rincer basse pression. Répéter si persistance et surtout traiter la cause (ventilation insuffisante, emplacement humide). Dépôts calcaires blancs : pulvériser vinaigre d’alcool pur, laisser agir 15 minutes, rincer. Vérifier ensuite l’étanchéité des tuyauteries proches.
Faut-il couper l’électricité avant de nettoyer sa pompe à chaleur ?
Oui, systématiquement et pour deux raisons. La première est la sécurité électrique : l’unité extérieure contient des composants sous 230 V ou 400 V, un jet d’eau qui atteindrait la carte électronique ou les connexions provoquerait un court-circuit voire une électrocution. La seconde est la préservation du compresseur : si vous touchez accidentellement l’hélice du ventilateur alors qu’un cycle démarre, vous risquez blessure grave et endommagement de l’unité. Procédure : couper le disjoncteur dédié à la PAC sur le tableau électrique, attendre 5 minutes que le compresseur s’arrête complètement et que les condensateurs se déchargent, débrancher tout raccordement communication filaire accessible. À la remise sous tension, respecter la temporisation automatique de 5 minutes avant le redémarrage normal de la PAC.
Le nettoyage de l’unité extérieure fait-il partie de l’entretien annuel obligatoire ?
Oui, pour toutes les PAC de plus de 4 kW de puissance frigorifique (décret n° 2020-912 du 30 juillet 2020). Le prestataire doit obligatoirement inclure dans sa visite annuelle : contrôle d’étanchéité du circuit frigorifique, vérification des pressions haute et basse, contrôle du dégivrage, nettoyage extérieur de l’unité et de l’échangeur, réglage de la régulation, mesure du COP saisonnier théorique. En dessous de 4 kW, l’entretien n’est pas obligatoire mais reste fortement recommandé pour préserver la performance et la garantie constructeur. Coût standard : 150 à 300 euros TTC par visite, ou 200 à 350 euros annuels pour un contrat pluriannuel avec 1 à 2 visites et dépannages courants inclus.